Un rapport publié le 13 février par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) décrit des violations « choquantes » commises lors de l’offensive finale qui a permis aux Forces de soutien rapide (FSR) de s’emparer d’El Fasher fin octobre 2025. L’ONU estime que ces actes constituent des crimes de guerre et pourraient relever de crimes contre l’humanité.
Le rapport, fondé sur plus de 140 entretiens avec des victimes et des témoins, indique que plus de 6.000 personnes ont été tuées entre le 25 et le 27 octobre 2025, dont au moins 4.400 à l’intérieur d’El Fasher et au moins 1.600 alors qu’elles tentaient de fuir par les axes de sortie, ajoutant que le bilan réel est probablement plus élevé.
L’ONU documente des exécutions sommaires et des massacres ciblés, notamment à l’université d’El Fasher, ainsi que des attaques contre des civils rassemblés sur les routes de fuite. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a par ailleurs fait état du meurtre de plus de 460 patients et accompagnants le 28 octobre 2025 à la maternité saoudienne d’El Fasher.
Le rapport décrit aussi des violences sexuelles, dont des viols et des viols collectifs utilisés comme arme de guerre. Il fait état, entre autres, d’informations crédibles sur le viol collectif d’au moins 25 femmes dans un abri près de l’université, et affirme que des femmes et des filles de communautés non arabes ont été particulièrement ciblées.
L’ONU indique que des infrastructures civiles ont été détournées à des fins de détention. Selon le rapport, l’hôpital pour enfants d’El Fasher a été converti en centre de détention et plus de 2.000 hommes y auraient été détenus sans accès suffisant à l’eau et à la nourriture, avec des morts liées à la maladie et à la malnutrition.
Sur le plan humanitaire, le HCDH décrit un siège prolongé et des restrictions ayant contribué à des conditions de famine. Des évaluations de référence classent la famine au niveau IPC 5 le plus élevé pour El Fasher et le camp de Zamzam.
Le Haut-Commissaire Volker Türk a averti le 9 février que le « scénario » observé à El Fasher risquait de se répéter au Kordofan, où la ville de Kadugli a été au centre de combats et de pénuries. Dans le Grand Kordofan, l’ONU a fait état de plus de 90 civils tués lors de frappes de drones entre fin janvier et le 6 février, attribuant ces attaques aux belligérants.
Le rapport appelle à des mesures de responsabilité et à un accès humanitaire sans entrave, alors que le conflit au Soudan s’étend et que la crise humanitaire s’aggrave, a indiqué l’ONU.














