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Fidèles enlevés au Nigeria : une opération de sécurité sur fond d’incertitude sur le nombre d’otages

Les attaques contre quatre villages de l’État du Niger ont provoqué des déplacements de population. Les autorités poursuivent les assaillants, tandis qu’Amnesty International appelle au sauvetage des captifs en toute sécurité.

Les autorités de l’État du Niger, dans le centre-nord du Nigeria, ont lancé une opération de sécurité conjointe pour retrouver les hommes armés qui ont enlevé des fidèles dans des mosquées de la région de Borgu. Les inquiétudes pour les captifs persistent, alors que les difficultés d’accès aux localités touchées entravent l’intervention des forces de sécurité.

Selon les informations publiées par la presse locale durant les trois premiers jours suivant les attaques, aucune libération n’avait été annoncée et aucun bilan officiel des personnes enlevées n’avait été établi. Les assaillants ont diffusé une vidéo dans laquelle ils affirment détenir environ 500 personnes, un chiffre non confirmé par les autorités.

Cette incertitude laisse les familles sans informations fiables sur leurs proches, tandis que des habitants ont fui vers le Bénin voisin et l’État nigérian de Kwara.

Des mosquées attaquées pendant la prière du vendredi

Selon le quotidien Daily Trust, les attaques ont visé des mosquées dans quatre villages : Dekara, Kabenya, Sabon Gida et Gidan Zana.

Le responsable local Umar Abubakar a déclaré à Platform Times que Dekara comptait le plus grand nombre de victimes, tout en précisant que le nombre de personnes enlevées dans sa mosquée centrale restait à confirmer.

Le porte-parole de la police de l’État du Niger a confirmé l’attaque, indiquant que les vérifications se poursuivaient pour établir le nombre de personnes enlevées et qu’aucun décès n’avait été signalé.

Le journal Leadership a cité le commissaire à l’Information de l’État, selon lequel environ 200 personnes se trouvaient dans la mosquée à l’arrivée des assaillants. Le chef du village et l’imam figureraient parmi les personnes enlevées.

Toutefois, le nombre de fidèles présents ne permet pas de déterminer combien ont été capturés. Les autorités n’avaient pas précisé combien avaient pu s’échapper ni combien avaient été emmenés.

Des estimations divergentes, sans bilan vérifié

Les témoignages publiés par les médias locaux font état de chiffres différents. Daily Trust a cité un habitant affirmant que plus de 60 personnes avaient été enlevées dans la mosquée centrale de Dekara. Par ailleurs, au moins 100 personnes du village de Gbazin, dans la zone de Dekara, étaient toujours portées disparues le dimanche suivant les attaques.

Les informations disponibles ne permettent pas de déterminer si ces chiffres se recoupent. Le fait d’être porté disparu ne confirme pas non plus, à lui seul, qu’une personne est détenue par les assaillants.

Le quotidien a rapporté que les hommes armés avaient diffusé dimanche soir une vidéo dans laquelle ils affirmaient détenir environ 500 hommes et femmes.

Selon les informations citées, aucune déclaration officielle n’avait confirmé ce nombre ni établi l’identité de toutes les personnes apparaissant à l’image. Ce chiffre reste donc une affirmation des assaillants, et non un bilan vérifié.

Platform Times a également indiqué qu’au moment de son compte rendu, les familles n’avaient reçu ni appel ni demande des ravisseurs.

Communications endommagées et déplacements de population

Les recherches se heurtent à des difficultés qui dépassent le manque d’informations. Selon Platform Times, les assaillants ont détruit des installations de télécommunications alimentées à l’énergie solaire, perturbant les communications et la coordination de la réponse.

La police a expliqué à The Whistler que le relief difficile et le mauvais état des routes limitaient les déplacements des forces de sécurité dans les communautés touchées.

Le gouverneur de l’État a annoncé une opération conjointe pour poursuivre les assaillants. Le gouvernement a précisé que les détails opérationnels ne seraient pas divulgués afin de ne pas compromettre la mission.

Dans le même temps, Daily Trust a rapporté que plus de 200 habitants avaient fui vers le Bénin, tandis que d’autres avaient cherché refuge dans l’État de Kwara.

Appels à un sauvetage en toute sécurité

Amnesty International a exhorté les autorités nigérianes à assurer le sauvetage des personnes enlevées en toute sécurité. L’organisation a cité des témoignages de survivants de précédents enlèvements collectifs faisant état de torture, de privation de nourriture, de violences sexuelles et d’amputations.

Ces témoignages ne permettent pas d’affirmer que les captifs de Borgu ont subi les mêmes violences, mais ils soulignent l’urgence de leur protection.

Selon l’organisation, au moins 1 100 personnes ont été enlevées au Nigeria entre janvier et avril 2026, un chiffre qui pourrait être inférieur à la réalité.

Les attaques de Borgu placent les autorités devant deux responsabilités immédiates : retrouver les captifs et les secourir sans mettre leur vie en danger, tout en fournissant des informations fiables aux familles qui attendent de connaître le sort de leurs proches.

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