Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a annoncé la fermeture prochaine de son bureau au Burkina Faso, après la suspension de ses activités par les autorités burkinabè, estimant que cette décision ne lui permettait plus d’exercer son mandat.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré jeudi regretter la décision des autorités de suspendre les opérations du bureau, précisant que des discussions approfondies avec le gouvernement n’avaient pas permis de trouver une solution.
Selon lui, cette suspension a directement affecté la capacité du Haut-Commissariat à remplir sa mission, conduisant finalement à la décision de mettre fin à sa présence dans le pays. La fermeture du bureau est prévue pour le mois de novembre.
Les autorités de transition avaient suspendu les activités du bureau il y a trois mois après la publication d’un communiqué appelant le gouvernement à protéger « l’espace civique », une prise de position qui avait suscité la colère des autorités.
Présent au Burkina Faso depuis 2021, le bureau du Haut-Commissariat publiait régulièrement des rapports sur la situation des droits humains. Depuis la prise de pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré à la suite d’un coup d’État, il a multiplié les critiques concernant le recul des libertés publiques et les restrictions visant la société civile.
En février dernier, le Haut-Commissariat avait appelé les autorités à mettre fin à ce qu’il qualifiait de répression de l’espace civique et à revenir sur les mesures visant les partis politiques.
Cette fermeture intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Ouagadougou et les institutions onusiennes. En août 2025, les autorités avaient expulsé la coordonnatrice résidente de l’ONU, Carol Flore-Smereczniak, l’accusant d’être à l’origine d’un rapport contenant, selon elles, des informations trompeuses sur de présumées violations commises contre des enfants par les forces de sécurité burkinabè.
Une affaire similaire avait conduit à l’expulsion de sa prédécesseure, Barbara Manzi, en 2022.






