Dans l’ouest et le nord de la région de Tombouctou, une nouvelle série d’exactions visant des populations civiles nomades suscite une vive inquiétude parmi les habitants et les observateurs locaux. Depuis le lundi 30 mars, plusieurs localités des secteurs de Gargando, Essakane, Farach, Bakada, Zouera, Tin-Issik, Tin-Aicha Tin-d’Abba, Razelma et Araatan, Ikoumboutane, Goubert, Ingodri, Tacharine, Tin-Djarane, Tin-Aicha Adanda ont été le théâtre d’opérations militaires décrites par des témoins comme des « expéditions punitives » mêlant forces armées maliennes et combattants étrangers affiliés à Africa Corps.
Une série d’opérations coordonnées:
Selon des sources locales concordantes, trois colonnes militaires distinctes auraient quitté respectivement Goundam, Niafunké et la zone de Tombouctou pour converger vers des zones habitées majoritairement par des communautés nomades touarègues.
Dès le 30 mars, dans les zones de Tacharine et Ingodri, un jeune homme de 24 ans a été tué, tandis que deux autres personnes ont été enlevées. Le même jour, plusieurs campements ont été pillés : des troupeaux emportés, des réserves d’eau détruites et des biens de subsistance saisis.
Ces opérations se sont poursuivies les jours suivants, avec une intensification notable des violences.
Essakane et Bakada : civils ciblés:
Le 1er avril, dans la localité d’Essakane, trois jeunes nomades appartenant à la communauté kel Ansar ont été enlevés il s’agit de Abadou Ag ASSADECK , Khali Ag Backa et Mili Ag Mohamed qui sont des éleveurs d’animaux et leurs proches affirment qu’ils sont sans nouvelles de ces jeunes depuis leur rapt en début d’après midi du mercredi par les militaires russes et l’armée malienne.
Un vieillard a également été tué dans des circonstances similaires.
Dans les hameaux de Bakada, des tirs ont été rapportés contre un groupe de jeunes se baignant dans la rivière. L’imam de Bakada, présent sur les lieux, a été mortellement touché par des projectiles. Des témoignages évoquent une scène de panique, où les tirs n’ont pas distingué entre civils et cibles militaires.
Des animaux d’élevage ont également été abattus dans plusieurs zones, notamment à Essakane, renforçant le sentiment d’insécurité alimentaire parmi les populations locales.
Pillages et destructions systématiques:
Dans la nuit du 1er au 2 avril, des unités armées ont investi le hameau de Tin-Issik, au nord des Zouéra. Des habitations ont été fouillées, des biens emportés dont des bijoux des femmes touaregues et du bétail abattu sur place pour consommation.
Le 2 avril, les opérations se sont déplacées vers Razelma. Sur l’axe reliant Zouéras à cette localité, des camions transportant des vivres ont été interceptés et détournés. Un berger touareg du nom de Douka AG Adjouzoulou, souffrant de troubles de la vision, a été exécuté sommairement à quelques kilomètres du village de Razelma.
À Razelma, le marché hebdomadaire a été particulièrement visé : des installations ont été incendiées, des étals pillés et des infrastructures détruites et plusieurs biens ont été emporté. Les localités d’Araten et d’Ikoumboutane ont également été touchées, avec au moins deux enlèvements signalés.
Une stratégie de terreur récurrente:
Pour de nombreux habitants, ces opérations s’inscrivent dans une logique désormais récurrente. « Tous les quinze jours ou trois semaines, les mêmes scènes se reproduisent », confie un notable local joint par téléphone. Les incursions militaires seraient accompagnées de violences indiscriminées, visant autant les personnes que leurs moyens de subsistance.
Au-delà des pertes humaines, les conséquences psychologiques sont profondes. Femmes, enfants et personnes âgées vivent dans une peur permanente, certains préférant fuir les zones exposées.
Une impunité dénoncée:
Ces événements interviennent dans un contexte de recomposition sécuritaire au Mali, marqué par le retrait de plusieurs acteurs internationaux et le recours accru aux partenaires militaires étrangers.
Des voix s’élèvent pour dénoncer une absence de réaction de la communauté internationale face à ces violences répétées. Plusieurs acteurs locaux appellent à une mobilisation urgente, évoquant la nécessité d’une résolution au niveau des Nations unies pour garantir la protection des civils.
La question de l’impunité reste centrale:
Malgré la gravité des faits rapportés, exécutions sommaires, enlèvements, pillages, aucune enquêtes indépendantes n’est possible pour le moment à cause du retrait du Mali du putshiste Assimi Goita de la Cour Pénale Internationale.
Un climat de peur durable:
Dans ces zones déjà fragilisées par des années de conflit, les événements récents aggravent une situation humanitaire précaire. L’accès à l’eau, au bétail et aux marchés, piliers de l’économie locale, est désormais compromis.
Pour les communautés nomades, ces violences ne sont pas seulement des épisodes isolés, mais le symptôme d’un effondrement plus large de la sécurité et de la protection des civils dans le nord du Mali.
Le 26 Novembre 2025, des missions militaires des mercenaires russes d’Africa Corps et FAMAS, coordonnées avaient commises au moins une vingtaine de massacres sur des populations civiles touaregues sans armes dans ces mêmes localités d’Essakane, Zouéra, Amaranane, Razelma, en passant par Nijhaltate et Gargando.
Par Mohamed AG Ahmedou







