Des sources proches du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ont démenti les informations faisant état de la mort du dirigeant militaire Sidna Ag Hitta lors d’une récente opération militaire dans le centre du Mali, après l’annonce du Corps Afrique affirmant qu’il avait été visé par une frappe aérienne dans la région de Diabaly.
Les sources ont déclaré à African Perceptions que Sidna Ag Hitta était toujours en vie et en bonne santé, ajoutant que les informations annonçant sa mort ne reposaient sur aucun élément probant et qu’aucun communiqué du groupe n’avait confirmé son décès ou sa blessure.
Mercredi, le Corps Afrique a annoncé avoir mené une frappe aérienne et un tir de missiles contre ce qu’il a présenté comme un camp de terrain du GSIM près de Diabaly dans la nuit du 27 mai. Selon son communiqué, les renseignements disponibles au moment de l’opération indiquaient qu’Ag Hitta se trouvait sur le site visé.
Cependant, aucune preuve visuelle ni aucun élément indépendant n’ont été publiés pour confirmer sa mort, tandis que le GSIM n’a pas officiellement réagi à l’opération ni à ses conséquences.
L’un des principaux chefs du GSIM
Sidna Ag Hitta, également connu sous les noms d’Abou Abdelhakim Al-Kidaly et Al-Qayrawani, est considéré comme l’un des plus importants commandants militaires du GSIM, coalition affiliée à Al-Qaïda active dans l’ensemble de la région sahélienne.
Originaire de la région de Kidal dans le nord du Mali, il a servi auparavant dans la Garde nationale malienne avant de faire défection lors de la rébellion touarègue de 2006 pour rejoindre les groupes armés opérant dans le nord du pays.
Avec l’expansion de l’influence d’Al-Qaïda au Sahel, il a rejoint Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), avant de prendre la tête de la Katiba Youssef Ibn Tachfin, composée principalement de combattants touaregs opérant dans la région de Kidal et les montagnes de l’Adrar des Ifoghas.
Après la création du GSIM sous la direction d’Iyad Ag Ghali en 2017, son influence s’est considérablement renforcée. À la suite de la mort du chef djihadiste Djamel Okacha, connu sous le nom de Yahya Abou Al-Hammam, en 2019, il est devenu l’une des figures militaires les plus importantes du mouvement.
Impliqué dans plusieurs opérations majeures
Le nom d’Ag Hitta est associé à plusieurs des attaques les plus importantes menées par les groupes djihadistes au Sahel au cours de la dernière décennie.
Des rapports sécuritaires et militaires l’ont notamment lié à la planification ou à la supervision de l’attaque menée en 2019 contre la base de la mission des Nations unies à Aguelhok, qui avait coûté la vie à plusieurs soldats tchadiens de maintien de la paix.
Des enquêtes médiatiques et des sources de renseignement françaises l’ont également associé à l’enlèvement et à l’assassinat des journalistes français Ghislaine Dupont et Claude Verlon près de Kidal en 2013, même si certains aspects de cette affaire demeurent controversés.
Son nom est réapparu au premier plan lors de la bataille de Tinzaouatène en juillet 2024, qui a opposé des groupes armés aux forces maliennes et à des éléments liés au groupe Wagner dans l’un des affrontements les plus violents enregistrés récemment dans le nord du Mali.
Un acteur clé dans les négociations sur les otages
Au-delà de ses responsabilités militaires, Ag Hitta est considéré comme l’un des principaux responsables du dossier des otages étrangers au sein du GSIM.
Selon plusieurs rapports sécuritaires, il a joué un rôle central dans les négociations ayant conduit en 2020 à la libération de l’homme politique malien Soumaïla Cissé et de l’otage française Sophie Pétronin dans le cadre d’un échange impliquant la libération de dizaines de détenus liés aux groupes armés.
Sous sanctions internationales
En raison de sa position de premier plan au sein du GSIM, Sidna Ag Hitta fait l’objet de sanctions internationales.
Les États-Unis l’ont inscrit en 2021 sur leur liste des terroristes mondiaux spécialement désignés, tandis que l’Union européenne lui a imposé en 2022 des sanctions comprenant le gel des avoirs et l’interdiction de voyager.
Il demeure l’un des chefs djihadistes les plus recherchés dans la région du Sahel en raison de son rôle dans la coordination des opérations militaires et des réseaux du groupe au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
Le flou persiste autour de son sort
Malgré l’annonce du Corps Afrique affirmant avoir frappé un site où Ag Hitta était supposé se trouver, aucune confirmation indépendante ni preuve vérifiable n’a jusqu’à présent permis d’établir sa mort.
Cette situation rappelle plusieurs épisodes précédents au cours desquels des informations annonçant sa mort avaient circulé avant d’être démenties par les faits.
Alors que les opérations militaires se poursuivent dans le centre et le nord du Mali, le sort de l’un des principaux dirigeants du GSIM demeure incertain, dans l’attente d’éléments supplémentaires susceptibles de confirmer ou d’infirmer les différentes versions en circulation.







