Les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont signé, lors de leur sommet tenu dimanche à Freetown, l’accord intergouvernemental encadrant le développement du projet de gazoduc Nigeria-Maroc, une étape majeure ouvrant la voie à la phase de mise en œuvre de cette infrastructure régionale.
Le président en exercice de la CEDEAO, Julius Maada Bio, a annoncé la signature de l’accord sur le gazoduc reliant l’Afrique de l’Ouest au Maroc, déclarant : « Ne soyez pas surpris lorsque le gaz arrivera jusqu’à vous. »
Dans un communiqué conjoint, l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) ont indiqué que le projet vise à relier les ressources gazières de l’Afrique de l’Ouest aux marchés régionaux et internationaux, tout en favorisant l’intégration économique grâce au développement de la production d’électricité, de l’industrie et du secteur minier, ainsi qu’au renforcement du rôle du Maroc comme passerelle énergétique entre l’Afrique et l’Europe.
L’ONHYM a également indiqué à Reuters que le projet ambitionne d’intégrer les marchés énergétiques africains et de créer un corridor de développement reliant l’Afrique de l’Ouest, le Sahel, le Maroc et l’Europe.
En avril dernier, le Maroc et le Nigeria avaient annoncé l’achèvement des études de faisabilité et des études d’ingénierie préliminaires. La prochaine étape prévoit la création d’une société de projet basée à Casablanca et d’une autorité de gouvernance à Abuja, avant la mobilisation des investisseurs et la décision finale d’investissement.
Le communiqué précise que la prochaine étape sera la signature d’un accord bilatéral entre le Maroc et la Mauritanie en présence du président nigérian Bola Ahmed Tinubu.
Selon une source de l’ONHYM citée par l’Agence France-Presse, les travaux de construction devraient débuter en 2028, tandis que les premières livraisons de gaz sont attendues en 2031.
Selon les données officielles, le gazoduc transportera jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an à travers 13 pays, reliant le Nigeria et l’Afrique de l’Ouest au Maroc avant son raccordement au gazoduc existant entre le Maroc et l’Espagne pour l’exportation vers l’Europe. Environ 15 milliards de mètres cubes par an seront destinés aux marchés marocain et européen.
Le tracé traversera le Nigeria, le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc.
Le projet avait été proposé pour la première fois lors de la visite du roi Mohammed VI au Nigeria en décembre 2016, avant de progresser progressivement jusqu’à la signature de cet accord intergouvernemental.







