Des responsables du gouvernement soudanais ont accusé lundi les Émirats arabes unis et l’Éthiopie d’être impliqués dans une frappe de drone visant l’aéroport international de Khartoum, intensifiant les tensions régionales liées au conflit civil en cours au Soudan.
Selon des déclarations du ministère soudanais des Affaires étrangères et de responsables militaires, l’attaque a frappé l’aéroport peu après la reprise partielle de ses opérations, après des années de perturbations causées par la guerre entre les forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide.
Le général de brigade Asim Awad Abdelwahab a déclaré que les autorités soudanaises disposent de ce qu’il a qualifié de « preuves concluantes » reliant l’opération aux Émirats arabes unis et à l’Éthiopie. Des responsables ont affirmé que les drones utilisés dans la frappe avaient été lancés depuis l’aéroport de Bahir Dar, dans le nord-ouest de l’Éthiopie.
Les autorités soudanaises ont indiqué que les enquêteurs avaient analysé des éléments techniques, notamment des numéros de série présumés des drones et des trajectoires de vol suivies, pour étayer ces accusations. Toutefois, ces affirmations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante par des organisations internationales de surveillance ou des gouvernements étrangers.
En réponse à l’incident, le Soudan a annoncé le rappel de son ambassadeur en Éthiopie pour consultations, signalant une possible détérioration des relations diplomatiques entre Khartoum et Addis-Abeba.
La frappe intervient à un moment délicat pour la capitale soudanaise. L’aéroport international de Khartoum venait tout juste de reprendre un trafic international limité, accueillant son premier vol commercial international depuis près de trois ans après de longues fermetures liées à l’insécurité et aux dégâts des infrastructures.
Ni le gouvernement des Émirats arabes unis ni celui de l’Éthiopie n’ont réagi immédiatement aux dernières accusations. Les deux pays ont précédemment rejeté toute implication militaire directe dans le conflit soudanais ou toute fourniture d’armes aux factions armées opérant dans le pays.
Les observateurs internationaux continuent de mettre en garde contre la difficulté de vérifier de manière indépendante les informations provenant du contexte du conflit soudanais, en raison de l’accès restreint, des hostilités en cours et des récits concurrents des parties impliquées.
Les organisations humanitaires et de suivi des conflits, notamment le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies et le projet Armed Conflict Location & Event Data Project, devraient continuer à surveiller l’évolution de la situation alors que les inquiétudes régionales et internationales s’intensifient.
La guerre civile au Soudan, qui a débuté en avril 2023, a déclenché l’une des plus grandes crises humanitaires au monde, déplaçant des millions de personnes et endommageant gravement les infrastructures essentielles du pays.







