Six mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 10 octobre 2025, la situation à Gaza continue de se détériorer, avec une augmentation des pertes civiles, des violations répétées et une aggravation des conditions humanitaires, selon des responsables sanitaires et des organisations internationales.
Une frappe aérienne meurtrière le 22 avril à Beit Lahia, dans le nord de Gaza, illustre cette instabilité persistante, les autorités sanitaires locales indiquant que cinq Palestiniens, dont trois enfants, ont été tués lors d’une frappe israélienne près de la mosquée Al-Qassam, les victimes ayant été transférées à l’hôpital Al-Shifa de Gaza, reflétant un schéma plus large de poursuite des opérations militaires malgré la trêve.
Les groupes de surveillance et les autorités locales décrivent de plus en plus le cessez-le-feu comme inefficace, avec au moins 786 Palestiniens tués par les forces israéliennes depuis son entrée en vigueur, dont 32 en avril seulement, tandis que le Bureau des médias du gouvernement de Gaza évoque plus de 2 400 violations comprenant des frappes aériennes, des incursions terrestres et la poursuite du blocus.
Les risques pour les journalistes restent élevés, Mohammed Wishah ayant été tué le 8 avril lorsqu’un missile de drone a frappé son véhicule dans le sud de Gaza, portant à 262 le nombre de journalistes tués depuis le début de la guerre.
Des rapports récents soulignent l’impact disproportionné sur les populations vulnérables, les organisations humanitaires indiquant qu’au moins deux enfants sont tués ou blessés en moyenne chaque jour depuis le début du cessez-le-feu, après des estimations antérieures faisant état de plus de 20 000 enfants tués au cours des deux premières années du conflit.
Des rapports indiquent également que plus de 38 000 femmes et filles ont été tuées entre octobre 2023 et décembre 2025, soit environ 47 décès par jour lors des périodes les plus intenses.
L’accès humanitaire reste fortement limité, les principales organisations d’aide avertissant que des dispositions clés du cessez-le-feu, notamment celles relatives à l’acheminement de l’aide, ne sont pas respectées, décrivant une situation marquée par une privation extrême et des décès évitables.
Le système de santé, déjà fragilisé par des années de conflit, continue de faire face à de graves difficultés en raison du manque de fournitures médicales, de personnel et des dommages aux infrastructures.
Les Nations unies ont également exprimé leur inquiétude face à l’insécurité persistante, affirmant que les civils à Gaza restent en danger malgré la trêve, en raison des opérations militaires en cours et de l’effondrement quasi total des services essentiels.
Les estimations du nombre total de victimes depuis le début du conflit varient, les chiffres officiels israéliens faisant état d’environ 70 000 morts, tandis que des experts indépendants estiment que le nombre réel pourrait être nettement plus élevé, l’impact cumulé sur les civils et les infrastructures continuant de susciter une inquiétude internationale.
Alors que les efforts diplomatiques se poursuivent, la situation sur le terrain montre que le cessez-le-feu, bien que toujours en vigueur officiellement, reste extrêmement fragile et de plus en plus inefficace pour protéger les civils.







