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Un rapport sur les violences électorales en Tanzanie déclenche une controverse sur le bilan et la responsabilité

Une commission d’enquête soutenue par le gouvernement sur les violences meurtrières ayant suivi les élections générales d’octobre 2025 en Tanzanie a conclu qu’au moins 518 personnes avaient été tuées, fournissant le premier bilan officiel tout en suscitant immédiatement une controverse sur la crédibilité et l’exhaustivité de ses conclusions.

Le rapport, dirigé par un ancien président de la Cour suprême, a été présenté le 23 avril 2026 et détaille plusieurs mois d’enquête sur les affrontements ayant éclaté après l’annonce de la victoire du président avec plus de 97 % des voix.

Selon la commission, les violences ont fait 518 morts confirmés, les hommes représentant la grande majorité avec 490 victimes, tandis que 2 390 personnes ont été blessées, dont environ 800 par balle et au moins 120 policiers.

Le rapport souligne également un nombre important de cas non résolus, avec 245 personnes officiellement portées disparues, et 39 cas dans lesquels des familles ont déclaré avoir identifié des corps dans des morgues avant leur disparition.

Sur l’un des points les plus controversés, la commission a rejeté les allégations de fosses communes faute de preuves, affirmant que certaines images largement diffusées avaient été manipulées à l’aide de l’intelligence artificielle, tout en reconnaissant l’authenticité d’autres images.

La commission a qualifié les manifestations d’illégales et violentes, estimant qu’elles ne répondaient pas aux critères légaux de rassemblement pacifique en raison de l’absence de notification préalable de 48 heures et de leur tenue le jour du scrutin.

Le bilan officiel contraste fortement avec les chiffres avancés par l’opposition et les observateurs internationaux.

Le principal parti d’opposition affirme que le nombre de morts se situe entre 1 000 et 2 000, accusant les forces de sécurité d’avoir utilisé des munitions réelles contre des civils et qualifiant le rapport de tentative de dissimulation.

Au niveau international, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a évoqué des rapports « alarmants » faisant état du retrait de corps par les forces de sécurité dans des lieux publics et des hôpitaux, suggérant une possible dissimulation, bien que la commission ait indiqué ne pas avoir pu vérifier ces allégations.

Une mission d’observation du Commonwealth a conclu que l’élection ne respectait pas les normes internationales, évoquant des irrégularités et l’usage de la force létale contre des manifestants.

La présidente Samia Suluhu Hassan a présenté les troubles comme faisant partie d’une tentative plus large de déstabilisation du pays, affirmant que la violence était « coordonnée, financée et exécutée » par des acteurs étrangers cherchant à exploiter les ressources de la Tanzanie.

Elle a également répondu aux critiques concernant la coupure d’internet pendant les élections, présentant des excuses à la communauté diplomatique tout en défendant la mesure comme nécessaire pour des raisons de sécurité et en promettant qu’elle ne se reproduirait pas.

La commission a souligné que ses conclusions ne sont pas définitives, qualifiant le bilan de 518 morts de provisoire et appelant à des investigations supplémentaires.

Parmi ses recommandations figure une analyse médico-légale complète des armes à feu afin de déterminer les responsabilités dans l’usage de munitions réelles, notamment dans les cas où des victimes auraient été abattues à leur domicile.

Elle a également appelé à un réexamen judiciaire de centaines de détenus, dont des mineurs, poursuivis pour des accusations allant de trahison à terrorisme en lien avec les violences.

Malgré la publication du rapport, des questions majeures demeurent, l’écart important entre les chiffres officiels et les estimations indépendantes, ainsi que les accusations de dissimulation de preuves, laissant penser que l’ampleur réelle des violences pourrait rester contestée pendant des années.

Les observateurs estiment que la crédibilité des enquêtes à venir et la volonté du gouvernement de mettre en œuvre les recommandations détermineront si le rapport contribuera à la responsabilité ou accentuera les divisions politiques.

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