La guerre au Soudan est entrée dans sa quatrième année, tandis que les Nations unies et les principales organisations humanitaires décrivent la situation comme la plus grande crise humanitaire au monde, marquée par des violences continues, des déplacements massifs et une insécurité alimentaire croissante, alors que les efforts diplomatiques restent bloqués.
Environ 34 millions de personnes au Soudan ont désormais besoin d’une aide humanitaire urgente, soit le chiffre le plus élevé au monde, dans un contexte de détérioration continue des conditions de vie.
L’insécurité alimentaire a atteint des niveaux catastrophiques, avec plusieurs régions confrontées à des pénuries extrêmes et des conditions de famine confirmées dans certaines parties du Darfour du Nord et du Kordofan du Sud. Les projections pour 2026 font état d’environ 4,2 millions de cas de malnutrition aiguë, dont plus de 800 000 cas graves, touchant principalement les enfants.
Depuis le début du conflit en avril 2023, environ 14 millions de personnes ont été déplacées, dont près de 9 millions de déplacés internes vivant dans des camps surpeuplés avec un accès limité à la nourriture, à l’eau et aux soins de santé.
Les infrastructures essentielles ont subi des dégâts considérables, notamment les hôpitaux, les écoles et les marchés, entraînant un effondrement des services de base, tandis qu’une part limitée des établissements de santé reste opérationnelle, compliquant la lutte contre des maladies telles que le choléra.
Les efforts diplomatiques ont peu progressé, le gouvernement soudanais ayant rejeté une conférence internationale tenue en Allemagne visant à répondre aux besoins humanitaires, la qualifiant d’inappropriée et non représentative.
Les initiatives de médiation n’ont pas encore permis d’obtenir un cessez-le-feu durable ni d’engager un véritable dialogue politique entre les parties au conflit.
Le Soudan demeure de facto divisé entre l’armée nationale et les Forces de soutien rapide, les forces gouvernementales contrôlant de vastes zones du nord, de l’est et du centre, tandis que les Forces de soutien rapide dominent de larges parties du Darfour et du Kordofan.
Le conflit continue d’être marqué par de graves violations des droits humains, notamment des violences généralisées contre les civils, en particulier les femmes et les enfants, ainsi que des attaques indiscriminées.
Face au manque de financements et aux difficultés d’accès humanitaire, les organisations d’aide avertissent que la situation pourrait encore se détériorer, exposant des millions de personnes supplémentaires aux risques de famine, de maladie et de déplacement.







