Le Tchad fait face à une crise humanitaire croissante, alors que l’aide essentielle à plus d’un million de réfugiés soudanais est menacée par un grave déficit de financement, selon un rapport conjoint du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et du Programme alimentaire mondial.
Les agences avertissent que sans intervention financière immédiate, des services vitaux—alimentation, eau, abris et éducation—pourraient s’effondrer dans les mois à venir.
Une crise de financement croissante
Les Nations unies estiment que 428 millions de dollars sont nécessaires pour maintenir les opérations humanitaires au Tchad jusqu’à fin 2026.
Le déficit est important :
- 289 millions de dollars pour le HCR
- 139 millions de dollars pour le PAM
Le rapport souligne que le PAM dispose de moins de la moitié des ressources nécessaires, tandis que le HCR a terminé 2025 avec seulement un tiers de son financement requis.
Ce déficit est en partie attribué au redéploiement des priorités des donateurs vers les dépenses de défense, malgré une promesse américaine de 2 milliards de dollars pour le Soudan et le Tchad, dont les décaissements restent insuffisants.
Impact sévère sur les réfugiés
Les effets sont déjà visibles dans les camps, notamment à l’est du Tchad :
- Sécurité alimentaire : rations réduites de moitié
- Eau : accès inférieur aux normes minimales
- Logement : environ 80 000 familles sans abri adéquat
- Éducation : plus de 100 élèves par enseignant
- Relocalisation : 243 000 réfugiés bloqués près des frontières
Les humanitaires avertissent que ces conditions poussent les réfugiés à des stratégies de survie extrêmes, augmentant les risques d’exploitation.
Pression accrue à l’est
L’est du Tchad reste l’épicentre de la crise, avec près de 15 000 nouveaux arrivants depuis janvier 2026.
Dans certaines zones, les réfugiés représentent un tiers de la population, mettant à rude épreuve les infrastructures. Les violences au Darfour, notamment à El Fasher, continuent d’alimenter les déplacements.
Alertes urgentes
La directrice du PAM au Tchad, Sarah Gordon-Gibson, a averti que les ressources actuelles sont insuffisantes, évoquant des “stratégies de survie dévastatrices”.
Les agences appellent à une mobilisation internationale immédiate pour éviter une catastrophe humanitaire de grande ampleur.
Perspectives
Avec la poursuite du conflit au Soudan, la capacité du Tchad atteint ses limites.
Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si la communauté internationale agit à temps ou si la crise s’aggrave avec des conséquences régionales durables.







