Le déploiement de forces tchadiennes en Haïti marque une escalade importante des efforts internationaux visant à contenir la crise croissante des gangs, après la transformation de la mission soutenue par l’ONU en une force à caractère plus militaire.
En vertu d’une résolution du Conseil de sécurité adoptée fin 2025, la mission multinationale de soutien à la sécurité a été reconfigurée en « force de suppression des gangs », avec un mandat élargi incluant des opérations de combat aux côtés des forces haïtiennes.
Ce changement reflète l’intensification de la violence et l’objectif de rétablir le contrôle dans les zones fortement touchées par les activités des gangs.
Les forces tchadiennes assument désormais un rôle opérationnel central, dans un contexte de réorganisation des contributions internationales. Le président Mahamat Idriss Déby Itno a confirmé le déploiement de deux bataillons, soit environ 1 500 soldats, pour une mission d’un an.
Un premier contingent est arrivé début avril, comprenant des ingénieurs et des unités spécialisées chargées de préparer les infrastructures et les conditions opérationnelles.
La force vise à atteindre environ 5 500 personnels dans les prochains mois, sous réserve de financements suffisants et d’un engagement international durable.
Ce déploiement intervient alors que Haïti traverse une crise humanitaire majeure, avec plus de 1,4 million de personnes déplacées et des groupes armés contrôlant une grande partie de la capitale, Port-au-Prince.
Plus de la moitié de la population est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë, tandis que la violence s’étend à des régions auparavant relativement stables.
Malgré ce renforcement, la mission fait face à des défis importants, notamment un manque de financement et un vide politique persistant, aucune élection nationale n’ayant été organisée depuis plusieurs années.
Les groupes armés ont également adapté leurs tactiques, recourant de plus en plus à des engins explosifs improvisés et à des drones, ce qui complique les opérations.
Les analystes estiment que l’action militaire seule ne suffira pas et soulignent la nécessité de solutions politiques et de réformes de gouvernance pour traiter les causes profondes de la crise.







