Une attaque meurtrière contre une base militaire dans le nord du Bénin a ravivé les craintes d’une extension progressive de la violence jihadiste du Sahel vers les États côtiers d’Afrique de l’Ouest.
Selon des sources militaires officielles, au moins quinze soldats ont été tués et cinq autres blessés lorsque des combattants liés au groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin ont lancé une attaque contre une position militaire près de la localité de Kofouno dans la région frontalière du nord.
Des responsables militaires ont indiqué que des assaillants lourdement armés ont pris d’assaut le camp lors d’une opération coordonnée visant l’un des postes avancés de l’armée près de la frontière avec le Niger.
Un porte-parole militaire a confirmé le bilan et précisé que les soldats blessés recevaient des soins pour des blessures jugées non mortelles.
La responsabilité de l’attaque a été revendiquée par Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, une coalition jihadiste affiliée à al-Qaïda et active dans plusieurs régions du Sahel.
En réponse, les forces de sécurité béninoises ont lancé des opérations de ratissage et de poursuite dans les zones frontalières afin de retrouver les assaillants et d’empêcher de nouvelles incursions.
Les autorités n’ont pas encore rendu publics les noms des soldats tués, conformément à la procédure habituelle jusqu’à l’information officielle de leurs familles.
Des analystes de sécurité estiment que cette attaque reflète une évolution plus large du conflit régional.
Des groupes militants implantés au Mali, au Burkina Faso et au Niger se déplacent de plus en plus vers le sud en direction des pays du golfe de Guinée, profitant de frontières poreuses et de vastes zones forestières difficiles à contrôler.
La région où l’attaque s’est produite se situe à proximité de vastes zones forestières entourant plusieurs parcs naturels transfrontaliers. Les responsables sécuritaires affirment que ces zones servent désormais de couloirs de transit et de refuges pour les groupes armés opérant entre le Sahel et les États côtiers.
La dernière attaque intervient après un autre assaut majeur au cours duquel des combattants jihadistes avaient tué près de trente soldats béninois dans une base avancée l’année précédente, l’un des incidents les plus meurtriers de l’histoire récente du pays.
La situation sécuritaire se développe également dans un contexte de tensions politiques internes et régionales.
Le Bénin a connu des tensions politiques à la fin de l’année précédente après l’annonce par les autorités d’une tentative de coup d’État déjouée, un événement qui, selon des analystes, aurait temporairement détourné l’attention des opérations de sécurité dans le nord.
Par ailleurs, le Nigeria voisin a renforcé sa coopération militaire avec le Bénin, notamment par le partage de renseignements et l’appui aérien lors d’opérations précédentes contre des groupes armés près de la frontière.
La stabilité des États côtiers d’Afrique de l’Ouest revêt également une importance stratégique croissante dans un contexte de tensions géopolitiques mondiales affectant les routes commerciales et maritimes.
Des experts en sécurité avertissent que l’expansion continue des réseaux jihadistes vers le sud pourrait transformer profondément l’équilibre sécuritaire régional.
Des pays comme le Bénin, le Togo et le Ghana ont renforcé les déploiements militaires dans leurs régions septentrionales afin de prévenir de nouvelles infiltrations.
Malgré ces mesures, la dernière attaque met en évidence la menace persistante que représentent des groupes militants bien organisés opérant à travers les frontières poreuses de l’Afrique de l’Ouest.







