Les autorités de la République démocratique du Congo ont condamné une attaque meurtrière contre un site minier dans la province de l’Ituri attribuant l’assaut aux Forces démocratiques alliées un groupe armé lié à l’organisation État islamique.
Selon les autorités l’attaque s’est produite sur le site minier de Muchacha dans le territoire de Mambasa où des combattants ont pris d’assaut les installations incendié certaines structures et pillé des équipements avant de fuir la zone.
Des organisations locales de la société civile ont indiqué qu’au moins sept civils ont été tués lors de l’attaque tandis que des dizaines d’autres ont été enlevés par les assaillants. Le raid a également provoqué un déplacement massif des habitants des villages voisins craignant de nouvelles violences.
Les autorités estiment que l’attaque pourrait avoir visé des opérations minières exploitées par une société liée à la Chine dans la région. Les analystes de sécurité affirment que les groupes armés dans l’est du Congo ciblent de plus en plus les infrastructures minières afin de financer leurs activités et de saper le contrôle de l’État sur des territoires riches en ressources.
Les Forces démocratiques alliées ont été initialement créées en Ouganda voisin mais ont mené de nombreuses attaques dans l’est du Congo ces dernières années. Le groupe a prêté allégeance à l’organisation État islamique en 2019 et a depuis été associé à plusieurs massacres et enlèvements dans la région.
Face à cette menace croissante les autorités congolaises ont intensifié leurs opérations militaires conjointes avec les forces ougandaises dans le cadre d’une campagne transfrontalière visant à démanteler les bases du groupe armé.
L’armée congolaise a annoncé que ses troupes ont récemment détruit une importante base de commandement et de logistique située à environ vingt six kilomètres de la ville de Mambasa à la suite d’une opération conjointe terrestre et aérienne menée le mois dernier en coordination avec les forces ougandaises.
Au cours de l’opération les soldats ont saisi des explosifs des armes du matériel de communication dont des radios ainsi que des panneaux solaires utilisés par les combattants. Les responsables ont qualifié cette découverte de coup significatif porté au réseau opérationnel du groupe.
Le gouvernement congolais a réaffirmé que les forces de sécurité poursuivront les groupes armés jusqu’à ce que l’autorité de l’État soit pleinement rétablie dans les territoires troublés de Mambasa et de Djugu.
Les organisations humanitaires avertissent toutefois que les violences aggravent une crise déjà sévère pour les civils dans la province de l’Ituri.
Des rapports indiquent que les affrontements dans les villages du territoire de Djugu ont tué au moins vingt et un civils depuis le début du mois tandis que les combats ont provoqué de nouveaux déplacements dans des communautés déjà confrontées à un accès limité à la nourriture à l’eau potable et aux soins médicaux.
Les enfants figurent parmi les plus touchés par l’insécurité croissante. Plus de seize mille sept cents enfants dans la zone sanitaire de Fataki ont été contraints d’abandonner l’école après la suspension des activités éducatives en raison des combats à proximité.
Dans l’ensemble de la province de l’Ituri les organisations humanitaires estiment que plus de huit cent seize mille personnes vivent actuellement en situation de déplacement interne beaucoup d’entre elles dans des camps surpeuplés ou des installations informelles où les conditions restent précaires.
Les observateurs internationaux avertissent que sans amélioration de la sécurité et sans soutien humanitaire durable le conflit en cours pourrait provoquer le déplacement de milliers d’autres familles et déstabiliser davantage l’une des régions les plus fragiles de l’est du Congo.







