Alors que le conflit s’intensifie au Moyen-Orient après l’annonce de la mort du guide suprême iranien, plusieurs gouvernements africains ont pris des mesures rapides pour protéger leurs ressortissants, notamment par des avertissements de voyage d’urgence, des retraits diplomatiques partiels et des dispositifs de gestion de crise.
Selon des déclarations officielles au 2 mars 2026, plusieurs États africains passent de simples mesures de précaution à une gestion active de la crise.
Avertissements urgents et retraits partiels
Plusieurs gouvernements ont mis en place des mesures immédiates concernant le personnel diplomatique et les civils dans les zones à risque.
Ouganda
Le ministère des Affaires étrangères a appelé les ressortissants ougandais en Iran à quitter le pays immédiatement si possible. Le personnel non essentiel de l’ambassade à Téhéran a été retiré et les services consulaires sont désormais « fortement limités ».
Ghana
Accra a activé un plan d’urgence en prévision d’éventuelles évacuations massives. Les familles du personnel diplomatique ont commencé à quitter Téhéran et tous les déplacements non essentiels vers plusieurs pays du Moyen-Orient ont été suspendus, notamment vers Bahreïn, Israël, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis.
Kenya
Le ministre des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a appelé les citoyens kenyans présents dans neuf pays — dont l’Iran, Israël et plusieurs États du Golfe — à s’enregistrer immédiatement auprès de la mission diplomatique la plus proche. Il leur a également été conseillé d’éviter les sites militaires et de rester à l’abri.
Afrique du Sud
Le Département des relations internationales a renforcé ses efforts de suivi numérique pour recenser les ressortissants dans les zones affectées. Le président Cyril Ramaphosa a critiqué l’escalade, rappelant que l’article 51 de la Charte des Nations unies autorise la légitime défense uniquement en cas d’attaque armée.
Perturbations aériennes et passagers bloqués
Les fermetures d’espace aérien au-dessus de l’Iran, du Qatar et des Émirats arabes unis ont provoqué d’importantes perturbations, laissant des milliers de ressortissants africains bloqués dans les grands hubs régionaux.
Des compagnies comme Emirates et Qatar Airways ont suspendu plusieurs liaisons, limitant fortement les départs depuis Dubaï, Doha et Abou Dhabi.
En Afrique du Sud, Airports Company South Africa a confirmé l’annulation de 14 vols majeurs entre Dubaï et l’Afrique du Sud en une seule journée, créant un important engorgement de voyageurs.
Les autorités des Émirats auraient commencé à fournir une assistance limitée, notamment des repas et un hébergement temporaire, mais de nombreux passagers restent dans l’attente.
L’Union africaine alerte sur les risques économiques
Au niveau continental, l’Union africaine a mis en garde contre les conséquences économiques d’un conflit prolongé.
Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a déclaré qu’une escalade durable pourrait entraîner une « forte hausse » des prix mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires, affectant particulièrement les économies africaines.
L’UA a également soutenu les efforts de médiation menés par Oman, estimant que la voie diplomatique reste la seule solution pour éviter une déstabilisation régionale et des répercussions mondiales.
Recommandations aux ressortissants
Les gouvernements appellent leurs citoyens à prendre des mesures immédiates :
Afrique du Sud : S’enregistrer auprès du DIRCO via les ambassades ou les plateformes officielles.
Kenya : S’enregistrer auprès du département chargé de la diaspora ou de l’ambassade la plus proche.
Ouganda : Quitter l’Iran si possible et suivre les mises à jour officielles.
Ghana : Éviter tout déplacement non essentiel vers les pays du Moyen-Orient classés à haut risque.
Un continent en état d’alerte
Bien qu’aucune évacuation massive n’ait encore été annoncée, le passage des avertissements à des retraits opérationnels et à des systèmes d’enregistrement d’urgence montre le niveau élevé d’inquiétude.
Avec des routes aériennes perturbées et des canaux diplomatiques sous pression, les États africains tentent de concilier la protection immédiate de leurs ressortissants avec les enjeux géopolitiques et économiques.
Les prochains jours devraient déterminer si ces mesures resteront préventives ou évolueront vers des opérations d’évacuation à grande échelle.







