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Moyen-Orient

Le Liban devient un deuxième front alors que les combats entre Israël et le Hezbollah s’intensifient sur fond de guerre américano-iranienne

Alors que la campagne militaire conjointe américano-israélienne contre l’Iran entre dans son quatrième jour, le Liban est rapidement devenu un deuxième front actif dans un conflit régional en expansion. L’intensification des échanges entre les Forces de défense israéliennes et le Hezbollah a transformé certaines zones du sud du Liban et la banlieue sud de Beyrouth en théâtres de combats actifs.

Campagne aérienne de grande ampleur au-dessus de Beyrouth

Des responsables israéliens indiquent que les opérations sont passées de frappes intermittentes à ce qu’ils décrivent comme une campagne aérienne soutenue visant les infrastructures du Hezbollah. Pour la deuxième journée consécutive, le quartier de la Dahiyeh, considéré comme un bastion du Hezbollah, a été soumis à de lourds bombardements.

L’armée israélienne affirme que les frappes visent à démanteler des centres de commandement et des dépôts d’armes, accusant le mouvement d’avoir intensifié les hostilités après l’annonce du décès du Guide suprême iranien. Les autorités libanaises font état de destructions étendues dans des quartiers résidentiels, tandis que la vérification indépendante des cibles militaires reste limitée.

Tensions frontalières et déploiements militaires

Le long de la frontière sud, l’armée israélienne a repositionné des troupes vers ce qu’elle qualifie de points défensifs supplémentaires. Des responsables israéliens décrivent cette mesure comme une défense avancée tactique et non comme le début d’une invasion terrestre.

Des sources sécuritaires libanaises indiquent que l’armée libanaise s’est retirée de plusieurs positions frontalières avancées, invoquant des préoccupations sécuritaires et le risque d’être directement entraînée dans la confrontation.

Le Hezbollah a réagi rapidement. À l’aube mardi, le mouvement a lancé ce qu’il a décrit comme un « essaim de drones » visant la base aérienne de Ramat David, dans le nord d’Israël. Cette frappe fait suite à un important barrage de missiles contre Haïfa lundi, le plus significatif échange transfrontalier depuis plus d’un an.

Aggravation de la crise humanitaire

L’escalade a provoqué une détérioration rapide de la situation humanitaire au Liban.

Le ministère libanais de la Santé a confirmé que les frappes aériennes de lundi ont fait au moins 52 morts et 154 blessés. Le bilan continue d’augmenter à mesure que de nouvelles frappes sont signalées.

Les autorités ont émis des ordres d’évacuation pour 59 zones à travers le pays, déclenchant un déplacement interne massif. Les autoroutes menant vers le nord depuis le sud du Liban et vers l’ouest depuis la Dahiyeh sont fortement encombrées alors que les familles fuient les zones bombardées.

À Beyrouth, les écoles publiques ont été fermées et transformées en abris d’urgence pour accueillir des milliers de déplacés. Les organisations d’aide avertissent que le pays—déjà fragilisé par des années de crise économique fait face à de graves difficultés pour fournir nourriture, assistance médicale et hébergement temporaire.

Fracture politique à Beyrouth

Les combats ont mis en lumière un approfondissement des divisions au sein de la direction politique libanaise.

Le Premier ministre Nawaf Salam, en fonction depuis février 2025, a déclaré illégales les opérations militaires indépendantes du Hezbollah et ordonné aux forces de sécurité nationales d’empêcher toute attaque lancée depuis le territoire libanais.

Le Hezbollah a rejeté cette directive, accusant le gouvernement Salam de ne pas défendre la souveraineté libanaise face aux frappes israéliennes. Cette confrontation souligne les tensions persistantes concernant les capacités militaires autonomes du mouvement, opérant en dehors du contrôle officiel de l’État.

Salam a convoqué une réunion d’urgence du cabinet mardi et engagé des contacts diplomatiques de haut niveau, notamment avec les autorités égyptiennes, afin d’obtenir un cessez-le-feu immédiat.

Retombées régionales du « front iranien »

L’escalade au Liban est directement liée aux opérations américano-israéliennes en Iran, baptisées « Operation Epic Fury » par Washington et « Operation Roaring Lion » par Israël. Le Commandement central des États-Unis a indiqué que des installations de commandement des Gardiens de la révolution iraniens ont subi d’importants dégâts, susceptibles d’affecter la coordination du Hezbollah avec Téhéran.

Les États-Unis ont confirmé la mort de six militaires dans la région, principalement à la suite de frappes de représailles iraniennes au Koweït.

Des analystes estiment que la poursuite des frappes israéliennes au Liban, combinée à l’expansion des opérations de missiles et de drones du Hezbollah, risque d’entraîner d’autres acteurs régionaux dans une confrontation ouverte, élargissant davantage un conflit qui a déjà déstabilisé plusieurs fronts au Moyen-Orient.

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