La situation humanitaire dans la bande de Gaza s’est fortement détériorée après la fermeture du passage frontalier de Rafah, privant des milliers de patients d’un accès à des soins médicaux vitaux à l’étranger.
Selon le ministère de la santé à Gaza et plusieurs organisations humanitaires, la fermeture du passage a suspendu les évacuations médicales empêchant les patients nécessitant des traitements spécialisés indisponibles localement de quitter le territoire.
Les autorités chargées de la coordination civile palestinienne ont annoncé que le passage de Rafah devrait rouvrir de manière limitée dans les prochains jours. Les déplacements seront autorisés dans les deux sens mais resteront soumis à des procédures de contrôle sécuritaire et à une coordination avec les autorités égyptiennes et des observateurs internationaux.
Les organisations humanitaires avertissent toutefois que cette réouverture partielle ne suffira pas à résoudre la crise médicale croissante.
Les responsables de la santé estiment que plus de vingt-deux mille patients et blessés attendent actuellement une évacuation médicale hors de Gaza. Parmi eux figurent environ quatre mille cinq cents enfants et quatre mille patients atteints de cancer qui ont besoin de traitements spécialisés non disponibles dans les hôpitaux locaux.
Environ quatre cent quarante cas sont considérés comme nécessitant une intervention médicale urgente et vitale.
L’arrêt des évacuations exerce une pression considérable sur un système de santé déjà fragile marqué par des pénuries de personnel d’équipements et de médicaments essentiels.
Le ministère de la santé indique que quarante-six pour cent des médicaments essentiels sont désormais totalement épuisés y compris des médicaments utilisés pour l’anesthésie les soins maternels les traitements respiratoires et les interventions chirurgicales d’urgence.
Les hôpitaux ont été contraints de reporter des opérations de rationner les médicaments et d’utiliser des solutions improvisées pour traiter les patients.
Les organisations humanitaires avertissent que la pénurie de médicaments essentiels aggrave la situation des personnes souffrant de maladies chroniques ou de blessures graves.
Les enfants et les populations vulnérables sont particulièrement touchés. Des travailleurs de la santé signalent que plusieurs enfants atteints de maladies génétiques rares ou de maladies chroniques sont morts en attendant des autorisations d’évacuation médicale.
Dans le même temps la malnutrition augmente chez les femmes enceintes et les enfants aggravant les problèmes de santé existants.
Les organisations de défense des droits humains ont vivement critiqué la fermeture prolongée du passage estimant que les civils en particulier les malades et les blessés subissent les conséquences des tensions politiques et militaires plus larges.
Même avec la réouverture prévue du passage de Rafah les responsables humanitaires estiment que seule une fraction des patients pourra voyager immédiatement en raison des limitations de capacité et des procédures de contrôle.
Le passage de Kerem Shalom permet toujours l’entrée limitée d’aide humanitaire et de carburant mais les organisations humanitaires affirment que les volumes restent largement insuffisants pour répondre aux besoins de la population.
Les autorités sanitaires avertissent que la crise médicale pourrait s’aggraver si l’accès humanitaire n’est pas considérablement élargi.
Principaux indicateurs sanitaires à Gaza
Patients en attente d’évacuation médicale : plus de 22 000
Enfants : environ 4 500
Patients atteints de cancer : environ 4 000
Cas urgents nécessitant une intervention vitale : 440
Médicaments essentiels en rupture totale : 46 %
Les organisations humanitaires estiment que les prochains jours seront déterminants pour savoir si la réouverture du passage de Rafah permettra d’atténuer la crise médicale à Gaza.







