Des milliers de personnes en deuil se sont rassemblées dans la ville iranienne de Minab pour des funérailles collectives en hommage aux victimes de ce que les autorités décrivent comme l’incident civil le plus meurtrier depuis le début du conflit actuel entre l’Iran et la coalition États-Unis–Israël.
La frappe, survenue le 28 février lors de la phase initiale de la campagne militaire américano-israélienne, a détruit l’école primaire pour filles Shajareh Tayyebeh dans la province de Hormozgan.
Les autorités iraniennes ont confirmé 165 morts, bien que certaines sources locales estiment le bilan à près de 180. La majorité des victimes étaient des filles âgées de 7 à 12 ans. Plusieurs enseignantes et membres du personnel scolaire ont également été tués.
Des images diffusées par les médias d’État ont montré des rues remplies de personnes vêtues de noir, beaucoup portant des photographies des enfants. Des parents et proches ont pleuré ouvertement pendant les prières funéraires, tandis que la foule scandait des slogans hostiles aux États-Unis et à Israël.
Les funérailles ont intensifié la colère intérieure et ravivé l’examen international de la conduite des opérations militaires dans le conflit.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a qualifié le site de l’école de « document des crimes américains », accusant les États-Unis et Israël de cibler des infrastructures civiles, notamment des écoles et des hôpitaux.
L’armée israélienne a déclaré ne pas avoir connaissance de frappes à l’emplacement cité. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé que Washington ne viserait pas délibérément une école, tandis que le commandement central américain a indiqué examiner les informations faisant état de victimes civiles.
L’UNESCO a qualifié le bombardement de violation grave du droit humanitaire. La lauréate du prix Nobel de la paix Malala Yousafzai s’est dite bouleversée et consternée, qualifiant le meurtre d’enfants d’inconcevable.
La vérification indépendante du nombre de victimes demeure difficile en raison de l’accès restreint au site.
L’Iran est entré dans son quatrième jour de guerre sous une direction intérimaire après la confirmation du décès du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Un conseil intérimaire composé du président Masoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholam-Hossein Mohseni-Ejei et du membre de l’Assemblée des experts Ahmad Arafi a assumé l’autorité temporaire pendant une période de deuil national de 40 jours déclarée par Téhéran.
Les États-Unis et Israël ont élargi leurs objectifs militaires depuis le début des opérations le 28 février. Des responsables américains ont indiqué un passage d’un objectif de dénucléarisation à des visées stratégiques plus larges, incluant l’affaiblissement de la structure dirigeante iranienne.
Plus de 1 250 cibles auraient été frappées à travers l’Iran, les forces de la coalition mettant l’accent sur les actifs navals et les infrastructures stratégiques.
L’Iran a répondu par des opérations de drones visant des installations au Koweït, au Qatar et en Arabie saoudite. L’un des impacts les plus significatifs a été la suspension signalée de la production de gaz naturel liquéfié au Qatar, provoquant des ondes de choc sur les marchés énergétiques mondiaux.
L’Iran a décrété une fête nationale de sept jours tout en organisant des cérémonies commémoratives à l’échelle nationale. La colère publique semble s’intensifier, notamment après le bombardement de l’école de Minab.
Des analystes avertissent que la dimension humanitaire du conflit pourrait durcir davantage l’opinion publique et compliquer toute voie diplomatique.
Les marchés mondiaux de l’énergie ont vivement réagi à l’intensification du conflit, l’instabilité régionale perturbant des installations clés de production et d’exportation.
Des frappes de drones iraniens visant des infrastructures du Golfe auraient interrompu la production qatarie de gaz naturel liquéfié, suscitant des craintes de contraintes d’approvisionnement prolongées.
Les contrats à terme sur le pétrole ont fortement progressé au début des échanges, les investisseurs intégrant le risque d’une escalade régionale plus large. Des analystes préviennent que de nouvelles attaques contre les infrastructures énergétiques du Golfe pourraient aggraver les pénuries et faire grimper les prix de manière significative.
Le conflit s’est étendu au-delà des engagements militaires directs, avec des conséquences économiques et humanitaires qui se propagent rapidement sur les marchés mondiaux. Les négociants en énergie surveillent de près les développements à Téhéran, notamment la stabilité de la direction intérimaire et le risque de nouvelles frappes de représailles.







