Le conflit au Moyen-Orient est entré dans une nouvelle phase de forte volatilité après des frappes directes contre des infrastructures énergétiques du Golfe, provoquant de fortes turbulences sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz et alimentant les craintes de perturbations de l’approvisionnement et de risques pour le détroit d’Ormuz.
Selon des déclarations officielles publiées au 2 mars 2026 par des ministères de la Défense et des compagnies énergétiques publiques, des attaques coordonnées ont visé des installations clés au Qatar et en Arabie saoudite, marquant une extension significative du conflit aux infrastructures énergétiques stratégiques.
Suspension de la production de GNL au Qatar
QatarEnergy a annoncé l’arrêt complet de la production de gaz naturel liquéfié sur ses sites de Ras Laffan et Mesaieed, l’une des interruptions les plus importantes du secteur énergétique mondial ces dernières années.
Les autorités qatariennes ont indiqué que deux drones iraniens ont visé les installations. L’un a frappé un réservoir d’eau d’une centrale électrique à Mesaieed, tandis que l’autre a touché une installation à Ras Laffan. Aucun blessé n’a été signalé.
Premier exportateur mondial de GNL, le Qatar a immédiatement provoqué une réaction des marchés. Les prix européens du gaz (TTF) ont bondi de près de 50 %, tandis que les références asiatiques ont progressé de 39 % en quelques heures.
Les analystes estiment qu’une interruption, même de courte durée, pourrait exercer une forte pression sur l’approvisionnement européen, largement dépendant des livraisons qatariennes.
La raffinerie de Ras Tanura en Arabie saoudite ciblée
Le ministère saoudien de la Défense a confirmé que la raffinerie de Ras Tanura — l’une des plus grandes installations de traitement pétrolier au monde — a été visée par deux drones tôt lundi.
Les autorités ont indiqué que les dommages étaient limités. Des débris issus de l’interception ont provoqué un incendie mineur dans l’installation. Certaines opérations ont été suspendues temporairement par mesure de précaution, sans impact sur l’approvisionnement domestique.
Les marchés ont réagi immédiatement, le Brent progressant de 13 % pour dépasser 82 dollars le baril, les investisseurs anticipant un risque accru de nouvelles attaques et d’instabilité autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du commerce mondial de pétrole.
Incidents militaires régionaux
D’autres incidents militaires dans le Golfe ont accentué l’incertitude.
Koweït
Le gouvernement koweïtien a signalé le crash de plusieurs avions militaires américains lundi. Tous les équipages ont survécu et une enquête est en cours.
Émirats arabes unis et Bahreïn
Des explosions ont été signalées dans des zones industrielles proches de Doha et de Manama dans le cadre des opérations de riposte iraniennes contre des installations militaires américaines.
Ces développements renforcent les inquiétudes quant au risque que les infrastructures énergétiques restent des cibles prioritaires si le conflit s’intensifie.
Impact sur les marchés
GNL
Installation : Ras Laffan / Mesaieed (Qatar)
Mesure : Arrêt total de la production
Impact : +50 % sur les prix européens
Pétrole brut
Installation : Ras Tanura (Arabie saoudite)
Mesure : Suspension partielle par précaution
Impact : +13 % (plus de 82 $/baril)
Réactions diplomatiques et implications
Dans une déclaration conjointe, les États-Unis, Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont condamné les attaques et réaffirmé leur « droit collectif à l’autodéfense ».
Malgré cette position commune, les analystes estiment que des interruptions prolongées — notamment au Qatar — pourraient accentuer la pression économique mondiale.
Si les perturbations se prolongent plusieurs jours, la hausse des prix de l’énergie pourrait influencer les décisions stratégiques à Washington et dans d’autres capitales alliées.
Un moment critique pour les marchés mondiaux
Face à la forte réaction des marchés, les prochains jours seront déterminants pour savoir si ces attaques constituent un épisode isolé ou le début d’une campagne durable visant les infrastructures énergétiques du Golfe.







