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Des frappes de drones contre une école et un hôpital font au moins dix-sept morts dans l’État du Nil Blanc alors que la guerre civile s’intensifie au Soudan

Au moins dix-sept personnes, dont des élèves, des enseignants et un travailleur médical, ont été tuées après une série de frappes de drones suicides visant des infrastructures civiles dans l’État du Nil Blanc au Soudan, selon des réseaux médicaux et des responsables hospitaliers locaux. Les attaques marquent une nouvelle escalade dans la guerre civile opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide, un conflit qui continue de dévaster les communautés civiles à travers le pays.

Les frappes ont eu lieu dans le village de Shukeiri où quatre drones auraient touché une école secondaire, un hôpital et un centre de santé. Le Réseau des médecins du Soudan a indiqué qu’au moins dix autres personnes avaient été blessées, plusieurs ayant subi des opérations chirurgicales d’urgence à l’hôpital d’Al-Duwaim.

Des responsables médicaux ont déclaré qu’il n’y avait aucune présence militaire dans le village au moment de l’attaque, ce qui suscite des inquiétudes parmi les organisations humanitaires quant au ciblage croissant des installations civiles dans le conflit.

Un responsable sanitaire local a décrit l’attaque comme une agression directe contre la vie des civils et les services médicaux essentiels, soulignant l’ampleur des dégâts causés à l’hôpital et les conditions critiques auxquelles sont confrontés les blessés.

L’attaque s’inscrit dans une série croissante de frappes de drones dans l’État du Nil Blanc. Selon les autorités régionales, il s’agissait du troisième incident de ce type en trois jours consécutifs.

La veille, des drones avaient frappé la centrale thermique d’Um Dabaker, l’une des principales installations électriques de la région, provoquant de vastes coupures d’électricité dans les villes de Kosti et Rabak.

La perte d’électricité a encore aggravé la pression sur les hôpitaux et les services essentiels déjà confrontés à de graves pénuries de ressources.

Ces violences surviennent alors que le Soudan traverse une crise humanitaire qui s’aggrave rapidement.

Des données récentes publiées par le Programme alimentaire mondial et d’autres agences des Nations unies indiquent qu’environ vingt et un millions deux cent mille personnes, soit environ quarante et un pour cent de la population soudanaise, font face à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë.

Des conditions de famine ont déjà été confirmées dans plusieurs régions du pays, notamment à El-Fasher au Darfour du Nord et à Kadugli au Kordofan du Sud.

Les déplacements ont atteint des niveaux historiques. Plus de douze millions de personnes ont fui leurs foyers depuis le début de la guerre, faisant du Soudan la plus grande crise de déplacement au monde selon les responsables humanitaires des Nations unies.

Le système éducatif du pays s’est également effondré sous la pression du conflit.

Les organisations d’aide estiment que quatorze millions des dix-sept millions d’enfants en âge scolaire au Soudan sont actuellement déscolarisés en raison de la destruction des infrastructures, du déplacement des familles et de l’insécurité généralisée.

Les enquêteurs internationaux examinent de plus en plus les atrocités présumées commises pendant la guerre.

Le procureur de la Cour pénale internationale a informé le Conseil de sécurité que les preuves recueillies pendant le conflit indiquent de possibles crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

L’enquête se concentre notamment sur les événements entourant la prise d’El-Fasher par les Forces de soutien rapide, où des témoins ont signalé des massacres et la destruction de quartiers civils.

Un rapport distinct d’une mission d’établissement des faits des Nations unies a conclu que les atrocités commises par des unités des Forces de soutien rapide au Darfour du Nord présentent les caractéristiques d’un génocide, citant des exécutions massives et des violences sexuelles systématiques visant des membres des communautés ethniques zaghawa et four.

Malgré l’ampleur de la crise, les analystes notent que l’attention internationale reste limitée alors que l’attention mondiale se concentre sur l’escalade du conflit au Moyen-Orient.

Les organisations humanitaires avertissent que ce manque d’attention risque d’isoler davantage le Soudan à un moment où il fait face à l’une des pires catastrophes humanitaires de la décennie.

Les agences d’aide appellent à une intervention internationale urgente pour protéger les civils, rouvrir les couloirs humanitaires et stabiliser les services essentiels dans tout le pays.

Les experts préviennent que la guerre civile pourrait s’enfoncer dans une catastrophe humanitaire encore plus profonde sans pression diplomatique et soutien humanitaire significatifs.

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