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Une opération armée extrait un condamné du massacre de 2009 de la prison centrale de Conakry

De violents échanges de tirs entendus mardi matin dans le quartier administratif de Kaloum, à Conakry, ont été liés à une opération coordonnée visant la prison centrale de Conakry, ayant abouti à l’extraction d’un détenu de premier plan, selon des informations de l’agence Xinhua et des sources sécuritaires locales.

Des témoins ont indiqué que des hommes lourdement armés et cagoulés ont pénétré dans l’enceinte de la prison vers 09h00 GMT, au milieu de tirs nourris qui ont duré environ 30 minutes. L’opération se serait soldée par le transfert du commandant Aboubacar Sidiki Diakité, connu sous le nom de “Toumba”, vers un lieu tenu secret.

Ancien aide de camp de l’ex-dictateur Moussa Dadis Camara, Diakité avait été condamné en juillet 2024 à dix ans de prison pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009, l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire récente de la Guinée, lorsque les forces de sécurité avaient ouvert le feu sur des partisans de l’opposition rassemblés dans un stade de Conakry, faisant plus de 150 morts.

Sécurité renforcée à Kaloum

Le quartier de Kaloum, qui abrite à la fois la prison centrale et le palais présidentiel, a été placé en état d’alerte maximale immédiatement après l’incident. Des véhicules blindés et des unités des forces spéciales équipées de mitrailleuses ont été déployés dans toute la zone.

La police et l’armée ont initialement bloqué les accès à la prison et aux bâtiments gouvernementaux voisins. À la mi-journée, certaines routes auraient été rouvertes, bien qu’une forte présence sécuritaire soit restée en place devant le complexe pénitentiaire. Aucune information officielle sur d’éventuelles victimes n’a été communiquée, mais des témoins ont signalé avoir vu au moins trois ambulances quitter les lieux pendant et après les tirs.

Implications politiques

L’extraction intervient quelques semaines seulement après l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, remportée largement par le chef de la junte, Mamady Doumbouya. La violation apparente de l’une des installations les plus sécurisées du pays constitue un défi majeur pour la posture sécuritaire des nouvelles autorités.

L’incident ravive également le souvenir de l’évasion de novembre 2023, au cours de laquelle Moussa Dadis Camara avait été brièvement libéré avant d’être repris, soulevant de nouvelles interrogations sur la sécurité interne, les loyautés au sein des forces armées et la capacité de l’État à protéger des détenus politiquement sensibles.

En début de soirée mardi, le gouvernement n’avait publié aucun communiqué officiel confirmant l’extraction de Diakité ou précisant les circonstances de l’opération. Les enquêtes devraient porter sur la manière dont les assaillants ont pénétré dans la prison et sur l’éventuelle existence de complicités internes.

L’incident en bref — 10 février 2026

  • Cible principale : Aboubacar “Toumba” Diakité (extrait)
  • Durée des tirs : Environ 30 minutes
  • Réponse des autorités : Déploiement massif des forces spéciales à Kaloum
  • Victimes : Aucune confirmation officielle

De nouvelles informations sont attendues à mesure que les autorités évaluent la portée de cette faille sécuritaire et ses implications politiques plus larges.

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