Le département du Trésor des États-Unis a annoncé le 19 février 2026 des sanctions contre trois hauts commandants des Forces de soutien rapide (RSF) du Soudan pour leur rôle présumé dans les atrocités commises lors du siège de 18 mois et de la chute d’El Fasher en octobre 2025 — une offensive que des enquêteurs internationaux estiment désormais porter les « caractéristiques d’un génocide ».
Les sanctions ont été émises par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) et visent des individus accusés d’avoir orchestré des meurtres à caractère ethnique, des violences sexuelles systématiques et l’utilisation délibérée de la famine comme arme de guerre contre des communautés non arabes au Darfour du Nord.
Commandants sanctionnés
Selon le gouvernement américain, les dirigeants suivants ont été désignés :
- Elfateh Abdullah Idris Adam (alias « Abu Lulu »), général de brigade des RSF. Les autorités américaines affirment qu’il s’est filmé exécutant des civils non armés et qu’il s’est publiquement vanté d’avoir tué des milliers de personnes. En plus des sanctions financières, il est soumis à des restrictions de visa en vertu de la section 7031(c).
- Gedo Hamdan Ahmed Mohamed (alias « Abu Shok »), général des RSF et commandant du Darfour du Nord depuis 2021. Il est accusé d’avoir supervisé le siège prolongé d’El Fasher et dirigé des campagnes systématiques de nettoyage ethnique visant les communautés Zaghawa et Fur.
- Tijani Ibrahim Moussa Mohamed (alias « Al Zeir Salem »), commandant de terrain des RSF, accusé d’avoir joué un rôle tactique direct dans la prise de la ville et les massacres ultérieurs. Des responsables américains indiquent qu’il a été filmé célébrant dans des installations militaires capturées après la chute de la ville.
Conformément au droit américain des sanctions, tous les biens et intérêts financiers des personnes désignées relevant de la juridiction américaine sont gelés. Les personnes et entités américaines ont l’interdiction d’effectuer des transactions avec elles.
Rapport de l’ONU : « caractéristiques d’un génocide »
L’annonce américaine coïncide avec la publication d’un rapport de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits de l’ONU intitulé « Soudan : caractéristiques d’un génocide à El Fasher ».
Le rapport conclut que les RSF ont agi avec une « intention spécifique » de détruire des communautés autochtones non arabes.
Parmi les conclusions :
- Le massacre des 72 heures : au moins 6 000 personnes auraient été tuées dans les 72 premières heures suivant la chute d’El Fasher le 26 octobre 2025.
- Destruction de preuves : des unités des RSF auraient brûlé et dissimulé des corps.
- Famine comme arme : le siège prolongé a bloqué nourriture, eau et soins médicaux.
Pression internationale coordonnée
Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont déjà sanctionné les mêmes individus.
Crise humanitaire
Le Darfour du Nord demeure en situation de crise aiguë.
La désignation du 19 février marque une nouvelle étape dans la pression internationale croissante sur la direction des RSF.







