Le conflit au Soudan est entré dans une phase critique et de plus en plus violente, suscitant une nouvelle mobilisation internationale et des avertissements humanitaires urgents de la part des Nations unies et des organisations d’aide mondiales.
Le Conseil de Sécurité Accentue la Pression sur les RSF
Le 24 février 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies a intensifié la pression sur les Forces de soutien rapide (RSF) en ajoutant quatre hauts commandants à sa liste de sanctions en vertu de la Résolution 1591. Les mesures comprennent des interdictions de voyager au niveau mondial et des gels d’avoirs visant à freiner les violations continues et les offensives militaires.
Les personnes sanctionnées sont :
Abdel Rahim Hamdan Dagalo, chef adjoint des RSF et frère du commandant Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti).
Gedo Hamdan Ahmed (Abu Nashuk), commandant des RSF pour le Nord-Darfour, supervisant les opérations à El Fasher.
Al-Fateh Abdallah Idris (Abu Lulu), général de brigade au sein des RSF.
Tijani Ibrahim Musa Mohamed (Al Zeir Salem), commandant de terrain lié à de récentes offensives au Darfour.
Cette décision reflète l’inquiétude croissante de la communauté internationale face aux allégations de crimes de guerre et au ciblage généralisé de civils.
Développements Militaires : Percée et Combats Persistants
Percée au Kordofan
Début février 2026, les Forces armées soudanaises (SAF) ont annoncé avoir brisé le siège de près de deux ans de Kadugli, capitale du Sud-Kordofan. La réouverture de la route Dilling–Kadugli devrait permettre aux convois humanitaires d’atteindre des populations confrontées à des conditions de famine déclarées fin 2025.
Malgré cette percée, les combats restent intenses. Les RSF continuent de contrôler des zones rurales autour de Kadugli et maintiennent leur influence dans certaines parties du Nord-Kordofan, y compris la capitale régionale El Obeid. Les analystes avertissent que la fragmentation territoriale pourrait prolonger le conflit et compliquer l’accès humanitaire.
Le Massacre de Misteriha
Le 23 février 2026, le Sudan Doctors Network a signalé que des combattants des RSF ont lancé une attaque majeure contre la ville de Misteriha au Nord-Darfour.
Selon des rapports médicaux confirmés :
28 civils ont été tués
39 autres ont été blessés, dont 10 femmes
Le seul centre de santé de la ville a été détruit par des bombardements
Au moins un agent de santé aurait été enlevé
L’attaque a suscité la condamnation d’organisations humanitaires, qui la décrivent comme faisant partie d’un schéma plus large d’attaques délibérées contre les infrastructures civiles.
Guerre de Drones et Allégations de Crimes de Guerre
Le conflit se caractérise de plus en plus par des frappes de drones et des bombardements aériens. Au cours des deux premières semaines de février seulement, les agences humanitaires ont documenté une forte augmentation de ces attaques.
Le 6 février, un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) a été frappé par un drone au Nord-Kordofan, tuant une personne et détruisant des vivres essentiels destinés aux communautés touchées par la famine.
Par ailleurs, Médecins Sans Frontières (MSF) a indiqué avoir soigné 167 patients au Soudan et au Tchad voisin pour des blessures graves causées par des éclats de drones et des tirs de roquettes durant les 14 premiers jours de février.
Fin janvier, la procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), Nazhat Shameem Khan, a informé le Conseil de sécurité que des preuves crédibles de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité avaient été recueillies à El Fasher, y compris des « exécutions célébratoires » et des violences sexuelles systématiques.
La Plus Grande Crise de Déplacement et de Faim au Monde
Le coût humanitaire continue d’augmenter à un rythme alarmant. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, le Soudan fait désormais face à la plus grande crise de déplacement et de faim au monde.
En février 2026 :
Insécurité alimentaire aiguë : 21,2 millions de personnes (41 % de la population)
Total des déplacés : 12 millions de personnes (déplacés internes et réfugiés)
Flux de réfugiés : Des milliers fuient chaque jour vers le Tchad et le Soudan du Sud
Les agences d’aide avertissent que sans cessez-le-feu immédiat et élargissement de l’accès humanitaire, les conditions de famine pourraient s’étendre davantage, notamment au Darfour et au Kordofan.
Perspectives Internationales
Les efforts diplomatiques se poursuivent, mais avec la poursuite des opérations militaires par les deux parties et des rapports d’atrocités croissantes, les perspectives d’une résolution politique rapide semblent limitées.
Les responsables humanitaires appellent à une pression internationale soutenue, à la responsabilisation des auteurs de violations et à un financement urgent pour faire face à ce qui est désormais décrit comme une catastrophe d’ampleur historique.
Alors que la guerre au Soudan entre dans sa troisième année, les civils restent pris entre des forces rivales, leur survie dépendant de couloirs d’aide fragiles et souvent entravés.







