L’armée nigériane a confirmé avoir tué un commandant de haut rang de la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest, qualifiant l’opération de percée majeure dans la lutte contre l’insurrection dans le nord-est du Nigeria.
Selon des communiqués du quartier général de la défense et des briefings de renseignement de l’opération Hadin Kai, les troupes nigérianes ont mené vendredi 30 janvier une opération ciblée dans la zone de Kimba, dans la région administrative de Damboa, dans l’État de Borno, au cours de laquelle un commandant connu sous le nom de « Julaibib » a été tué.
Les responsables militaires ont indiqué que Julaibib jouait un rôle opérationnel clé, coordonnant des attaques dans le « triangle de Tombouctou », une zone forestière s’étendant sur l’axe Gujba–Damboa–Alagarno et considérée comme l’un des bastions les plus solides du groupe.
Selon l’armée, Julaibib a été abattu lors d’un violent échange de tirs avec les forces nigérianes. Plusieurs de ses combattants ont également été tués, tandis que d’autres ont pris la fuite, blessés par balle.
Les évaluations du renseignement militaire indiquent que sa mort a créé un vide important au sein du commandement de l’ISWAP dans le secteur de Gujba, provoquant confusion et désorganisation parmi les cellules armées actives dans la zone.
Recrudescence de la violence dans l’État de Borno
L’opération intervient dans un contexte d’intensification des activités militaires et de persistance des violences insurgées à travers l’État de Borno à la fin du mois de janvier.
Le même jour, des forces conjointes de l’armée nigériane et de la Force civile conjointe auraient tué trois suspects lors d’une embuscade distincte dans le triangle de Tombouctou, récupérant plusieurs fusils d’assaut.
Plus tôt dans la semaine, le 29 janvier, des assaillants présumés ont attaqué un chantier à Sabon Gari, tuant au moins 25 travailleurs dans l’une des attaques les plus meurtrières visant des projets civils ces derniers mois.
Les forces de sécurité ont également subi des pertes. Le 28 janvier, des militants ont utilisé des drones armés pour attaquer une base militaire à Sabon Gari, tuant neuf soldats et deux membres de la Force civile conjointe. Le 23 janvier, des combattants ont tendu une embuscade à une patrouille militaire près de la frontière nigérienne, dans la zone de Damask, faisant neuf morts parmi les soldats. Plusieurs militaires sont toujours portés disparus.
Évolution des tactiques et opérations en cours
L’armée nigériane a intensifié, au cours des trois dernières semaines, ses opérations de ratissage dans la forêt de Sambisa et le bassin du lac Tchad, ciblant camps, routes logistiques et centres de commandement insurgés. Si l’élimination de chefs de haut rang est perçue comme un succès tactique, des analystes estiment que les groupes armés adaptent rapidement leurs méthodes.
Les évaluations sécuritaires indiquent que les combattants recourent de plus en plus aux engins explosifs improvisés et aux drones commerciaux modifiés pour perturber les lignes d’approvisionnement militaires et viser des projets de développement.
Au niveau local, les autorités ont réaffirmé leur engagement en faveur des programmes de reconstruction et de réinstallation. Toutefois, la récente vague d’attaques a conduit à la suspension temporaire de certains projets routiers dans le sud de l’État de Borno, dans l’attente d’une amélioration de la situation sécuritaire.
Les autorités estiment que les semaines à venir seront décisives pour déterminer si les récents coups portés au commandement de l’ISWAP peuvent se traduire par des améliorations durables de la sécurité dans le nord-est du Nigeria.







