Le gouvernement sud-africain a annoncé son intention de révoquer plus de 2 000 visas principalement des permis d’études après qu’une vaste enquête a mis au jour ce que les autorités décrivent comme un système de corruption ayant perduré pendant deux décennies au sein du système d’immigration du pays.
L’annonce a été faite lors d’un point de presse de haut niveau lundi par le ministre de l’Intérieur Leon Schreiber, à la suite de la publication d’un rapport intérimaire de la Special Investigating Unit (SIU).
Un « Marché » au Sein du Système d’Immigration
Selon la SIU, l’enquête a couvert une période de 20 ans, de 2004 à 2024, et a révélé que certains éléments du Département des affaires intérieures avaient transformé le système des visas en un véritable « marché », où les permis auraient été vendus au plus offrant.
Le rapport décrit un schéma d’abus systémique impliquant des fonctionnaires de rang inférieur qui auraient facilité le traitement accéléré et l’approbation de demandes de visa frauduleuses en échange de paiements illicites.
Exploitation Financière et Modes de Vie Luxueux
Les enquêteurs ont constaté que quatre agents subalternes — gagnant chacun moins de 25 000 rands par mois — ont collectivement reçu plus de 16 millions de rands (environ 1 million de dollars) en dépôts inexpliqués au cours de la période examinée.
Dans un cas cité par le rapport, un fonctionnaire aurait construit un manoir luxueux et même aménagé une route privée, des biens jugés totalement disproportionnés par rapport à son salaire public. Les autorités indiquent que des audits de style de vie ont joué un rôle déterminant dans la mise au jour de ces anomalies.
Mode Opératoire
La SIU a détaillé un mode opératoire simplifié et discret :
Les demandes de visa étaient prétendument envoyées directement à des fonctionnaires corrompus via WhatsApp pour un traitement accéléré.
Les paiements étaient souvent acheminés par l’intermédiaire de conjoints ou d’associés afin d’éviter toute détection.
Dans certains cas, de l’argent liquide aurait été dissimulé dans les dossiers physiques de demande.
Les conclusions suggèrent que des documents frauduleux ont pu permettre à des individus d’entrer ou de rester en Afrique du Sud sous de faux prétextes pendant des années.
Liens Religieux de Haut Niveau
Le rapport intérimaire mentionne également des irrégularités présumées dans l’octroi de visas liés à des réseaux impliquant des dirigeants religieux autoproclamés, notamment Shepherd Bushiri et Timothy Omotoso.
Bien que le rapport ne détaille pas d’accusations spécifiques à l’encontre des personnes nommées, il indique que certains processus de visa associés à leurs réseaux ont été signalés comme irréguliers et font l’objet d’un examen approfondi.
Mesures d’Application et d’Expulsion
Le ministre Schreiber a confirmé que le gouvernement ne se contentera pas de révoquer les visas concernés, mais « isolera » également toute documentation ultérieure obtenue par le biais d’approbations frauduleuses. Cette mesure vise à empêcher les individus d’utiliser des permis dérivés pour retarder les procédures d’expulsion.
Les autorités affirment que ces révocations faciliteront les expulsions lorsque cela sera justifié et soutiendront d’éventuelles poursuites pénales contre les fonctionnaires et les bénéficiaires du système.
Indicateurs de Responsabilité (Février 2026)
Visas identifiés pour révocation : 2 000+ (principalement permis d’études)
Période d’enquête : 2004–2024
Fonctionnaires impliqués : Plusieurs, dont au moins quatre agents subalternes
Fonds illicites identifiés : 16 millions de rands+
Audits de style de vie : En cours
Expulsions et poursuites : En attente des procédures légales
Un Programme de Réforme Plus Large
Le ministère de l’Intérieur a indiqué que des réformes structurelles sont en cours pour prévenir de futurs abus. Celles-ci incluent le renforcement des mécanismes de contrôle interne, la numérisation du suivi des demandes et une coopération accrue avec les forces de l’ordre.
Les responsables ont présenté cette opération comme faisant partie d’un effort plus large visant à restaurer la confiance du public dans le système d’immigration sud-africain et à protéger la sécurité nationale.
L’enquête de la SIU se poursuit, avec d’autres conclusions et d’éventuelles recommandations de poursuites pénales attendues dans les mois à venir.







