la République démocratique du Congo a officiellement accepté une proposition de cessez-le-feu négociée par l’Angola, marquant une avancée diplomatique majeure pour apaiser le conflit dans l’est instable du pays. Toutefois, des incertitudes subsistent en raison de signaux contradictoires émanant du mouvement rebelle M23.
Kinshasa valide l’initiative de Luanda
Dans un communiqué publié le 13 février, la présidence congolaise a annoncé que le président Félix Tshisekedi avait approuvé la proposition présentée par le président angolais João Lourenço. La trêve doit entrer en vigueur le 18 février 2026 à 12h00.
Le président Lourenço, en qualité de médiateur régional, a présenté l’initiative lors de consultations de haut niveau à Luanda réunissant les dirigeants de l’Angola et de la RDC, ainsi que le président togolais Faure Gnassingbé et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo.
Kinshasa a indiqué agir « dans un esprit de responsabilité et de désescalade », tout en avertissant que toute consolidation unilatérale de positions militaires par les rebelles compromettrait le processus.
Réaction prudente du M23
Malgré l’adhésion officielle du gouvernement, le M23 — opérant politiquement sous la bannière de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) — a adopté une position ambiguë.
Le responsable du M23 Benjamin Mbonimpa a déclaré que le mouvement n’avait pas été officiellement informé de l’initiative angolaise. Il a souligné l’attachement du groupe à l’Accord-cadre de Doha signé fin 2025 et début 2026.
Cette divergence soulève des interrogations quant à la mise en œuvre effective du cessez-le-feu sans engagement explicite du mouvement rebelle.
L’ONU et l’UA préparent le mécanisme de suivi
Les Nations unies ont annoncé préparer le dispositif de supervision. Jean-Pierre Lacroix a confirmé que la MONUSCO se prépare à déployer des unités à Uvira, dans la province du Sud-Kivu.
L’Union africaine a salué les « termes de référence » du mécanisme, le qualifiant de mesure importante de confiance susceptible d’ouvrir la voie à un dialogue politique élargi.
Un contexte sécuritaire fragile
Le M23/AFC contrôle de vastes territoires, notamment Goma et Bukavu. Par ailleurs, l’ONU a récemment signalé une attaque de drone attribuée au M23 contre un aéroport à Kisangani.
Une étape décisive mais fragile
Si l’acceptation par Kinshasa constitue une étape majeure, la réussite du cessez-le-feu dépendra de l’engagement de toutes les parties et d’un suivi international crédible.







