Une grave crise humanitaire s’est déclenchée dimanche soir dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) après plusieurs jours de pluies torrentielles ayant provoqué des inondations catastrophiques et laissé plus de 2 500 ménages sans abri dans la province du Maniema.
La catastrophe a frappé le territoire de Punia lorsque le fleuve Congo et la rivière Ulindi sont sortis de leur lit, inondant de vastes étendues de terres agricoles et des communautés résidentielles. Les autorités locales décrivent des destructions étendues nécessitant une réponse urgente.
Ampleur de l’Impact
Selon Jean Claude Ngoy, président de la société civile du territoire de Punia, des villages entiers ont été dévastés, notamment Kasera, Tubila et Ulindi.
Au moins 2 533 ménages ont été déplacés, les familles se réfugiant sur des terrains plus élevés ou dans des abris de fortune. Des infrastructures essentielles — y compris des écoles, des centres de santé et des sources d’eau potable — ont été submergées ou détruites, limitant fortement l’accès aux services de base.
Les inondations ont également déclenché une crise alimentaire immédiate. Les cultures et les étangs piscicoles, piliers des moyens de subsistance locaux, sont désormais sous l’eau. Les habitants font face à une double menace de faim et d’effondrement économique, les activités agricoles et de pêche ayant cessé brutalement.
Préoccupations Humanitaires Immédiates
Les responsables locaux avertissent que sans intervention rapide, la situation pourrait s’aggraver. Les eaux stagnantes augmentent le risque de maladies hydriques telles que le choléra et la dysenterie, en particulier dans les zones où les sources d’eau potable ont été contaminées.
Les priorités d’urgence incluent :
Un abri temporaire pour les familles déplacées
Un accès à l’eau potable et à des installations sanitaires sûres
Des approvisionnements alimentaires d’urgence
Une assistance médicale de base pour prévenir les épidémies
« Nous appelons les autorités provinciales et nationales, ainsi que les partenaires humanitaires, à intervenir immédiatement », a déclaré Ngoy, soulignant la nécessité d’efforts de secours coordonnés.
Une Partie d’une Crise Plus Large
Les inondations du Maniema surviennent dans un contexte humanitaire déjà fragile en RDC.
Les catastrophes liées au climat se sont intensifiées ces dernières années. Des inondations similaires en avril 2025 ont fait des dizaines de morts à Kinshasa et dans les provinces orientales, illustrant la vulnérabilité croissante du pays face aux événements météorologiques extrêmes.
Dans le même temps, le financement humanitaire demeure gravement insuffisant. Le Plan de réponse et de besoins humanitaires des Nations Unies pour 2026 cherche à mobiliser 1,4 milliard de dollars pour aider près de 15 millions de personnes à travers le pays. En février, seulement environ 10 pour cent des fonds requis avaient été obtenus, limitant fortement les opérations de secours.
Le 16 février, l’Union européenne a annoncé une aide de 81,2 millions d’euros pour la région des Grands Lacs, dont 68 millions alloués à la RDC afin de faire face à ce que les responsables ont qualifié de double crise de conflit et de catastrophes liées au climat.
Alors que les eaux continuent de monter, les habitants de Punia craignent qu’un déplacement temporaire ne se transforme en urgence prolongée si le soutien international tarde à arriver.







