Les États-Unis et Israël ont lancé tôt samedi une opération militaire conjointe de grande ampleur contre des cibles à travers l’Iran, marquant l’une des plus importantes escalades des hostilités dans la région ces dernières années.
L’opération, baptisée selon des sources « Epic Fury » par les responsables américains et « Lion Rugissant » par les autorités israéliennes, a déjà fait de nombreuses victimes civiles et déclenché des ripostes militaires dans plusieurs parties du Moyen-Orient, selon des médias internationaux et régionaux.
Frappe contre une école à Minab
Parmi les incidents les plus signalés figure une frappe contre une école primaire pour filles dans la ville de Minab, dans la province iranienne d’Hormozgan, près du détroit stratégique d’Ormuz.
La télévision d’État iranienne IRIB et l’agence turque Anadolu ont indiqué qu’entre 40 et 51 personnes avaient été tuées, dont un grand nombre d’élèves. D’autres médias, dont NDTV, ont initialement fait état d’un bilan plus faible, évoquant au moins 24 élèves tués, reflétant l’évolution rapide de la situation et les divergences dans les premiers chiffres.
Des responsables locaux ont déclaré que l’école de filles Shajareye Tayabeh avait été directement touchée. Les autorités américaines et israéliennes affirment que l’opération vise des infrastructures militaires et nucléaires, en soulignant la présence d’installations liées au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) dans la ville.
Dans un incident distinct, l’agence iranienne Mehr a rapporté qu’au moins deux élèves avaient été tués lors d’une autre frappe contre une école à l’est de Téhéran.
Ampleur et objectifs de l’opération
Des responsables et analystes décrivent l’offensive comme nettement plus importante que le conflit aérien de 12 jours entre Israël et l’Iran en juin 2025.
Selon des déclarations attribuées à des responsables américains et israéliens :
Les objectifs américains incluent l’affaiblissement des capacités balistiques et nucléaires de l’Iran et, selon certains rapports, la facilitation d’un changement politique dans le pays.
Les objectifs israéliens consistent à neutraliser ce qu’Israël qualifie de menaces existentielles et à mener des opérations défensives préventives.
Parmi les grandes villes touchées figureraient Téhéran, Ispahan, Qom, Karaj, Tabriz et Minab.
Des informations font également état de frappes visant des complexes liés au guide suprême Ali Khamenei ainsi que le palais présidentiel iranien, bien que la vérification indépendante reste limitée.
Riposte iranienne et impact régional
En réponse, le CGRI a lancé des vagues de missiles et de drones contre Israël et des installations militaires américaines dans la région du Golfe.
Les cibles auraient inclus des sites liés à la Cinquième flotte américaine à Bahreïn ainsi que des bases au Koweït, au Qatar et aux Émirats arabes unis.
Aux Émirats arabes unis, un civil aurait été tué à Abou Dhabi par des éclats provenant d’un missile intercepté, selon des sources locales.
Plusieurs États du Golfe, dont les Émirats arabes unis, l’Irak, Bahreïn et le Qatar, ont fermé leur espace aérien face à la dégradation de la situation sécuritaire. Des ambassades étrangères, dont la mission diplomatique indienne, ont conseillé à leurs ressortissants de rester à l’intérieur.
Déclarations officielles
Le président américain Donald Trump a appelé la population iranienne à « prendre en main son destin », des propos qualifiés de provocateurs par les responsables iraniens.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a condamné les frappes comme une violation du droit international et une agression directe contre le peuple iranien.
Une région sous tension
L’évolution du conflit suscite des craintes d’une guerre régionale plus large, notamment en raison de l’importance stratégique du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante de l’approvisionnement mondial en pétrole.
Les analystes avertissent qu’une nouvelle escalade pourrait perturber les marchés énergétiques mondiaux, les routes aériennes internationales et la stabilité diplomatique au Moyen-Orient.
Alors que les bilans humains continuent d’évoluer et que les gouvernements évaluent leurs options, la communauté internationale suit de près une crise qui pourrait devenir l’une des confrontations militaires les plus importantes dans la région depuis des décennies.







