Des rapports officiels des Nations unies, de l’Union européenne et des agences de sécurité régionales confirment que le point de passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte est entré dans une « phase pilote » strictement contrôlée, marquant une avancée prudente dans le cadre de la deuxième phase du cessez-le-feu négocié par les États-Unis.
Cette réouverture, la première depuis près de deux ans, demeure très limitée et largement symbolique. Les mouvements sont pour l’instant restreints aux évacuations médicales et à un nombre réduit de piétons, sans autorisation pour le commerce ou l’acheminement massif de l’aide humanitaire.
Réouverture restreinte et dispositifs sécuritaires
Le passage de Rafah fonctionne selon un mécanisme sécuritaire tripartite impliquant Israël, l’Égypte et l’Union européenne. Selon des briefings officiels, la capacité quotidienne a été plafonnée à 50 personnes dans chaque sens, soulignant le caractère provisoire de la mesure.
Une nouvelle installation israélienne de filtrage sécuritaire, connue sous le nom de point de contrôle « Regavim », a été établie à proximité immédiate du passage côté palestinien. Les Palestiniens souhaitant rentrer à Gaza doivent subir une vérification d’identité sur la base de listes approuvées par Israël, ainsi que des contrôles approfondis de leurs effets personnels.
Pour les sorties de Gaza, les autorités israéliennes recourent à des mécanismes de supervision à distance, incluant la reconnaissance faciale et des vérifications numériques menées depuis des centres de contrôle extérieurs. L’ouverture physique des portes du terminal intervient uniquement après validation finale, effectuée par la mission européenne d’assistance aux frontières.
L’Union européenne a redéployé ses équipes de la mission d’assistance frontalière pour assurer la gestion quotidienne du passage, en coordination avec les autorités égyptiennes et conformément aux exigences sécuritaires israéliennes.
Pression humanitaire et médicale extrême
Cette réouverture limitée intervient dans un contexte de crise humanitaire aiguë à Gaza, notamment dans le secteur de la santé. Les agences des Nations unies et les autorités sanitaires locales estiment que plus de 20 000 Palestiniens attendent actuellement une évacuation médicale urgente, enfants et adultes confondus, nécessitant des soins indisponibles à Gaza en raison des destructions massives des infrastructures hospitalières.
Les tensions autour de l’accès médical persistent. Israël a annoncé que Médecins Sans Frontières sera interdit d’opérer dans les zones sous contrôle israélien à compter du 28 février 2026. Les autorités israéliennes invoquent le refus de l’organisation de fournir des listes complètes de son personnel, tandis que l’ONG affirme que cette exigence mettrait en danger ses équipes.
Le rôle de Rafah dans les négociations de la deuxième phase
Le statut du passage de Rafah constitue un élément central du cadre plus large de la deuxième phase du cessez-le-feu. Selon les arrangements en vigueur, les forces israéliennes se sont repliées vers une ligne délimitée dite « ligne jaune », permettant aux observateurs internationaux et à des comités palestiniens technocratiques d’assumer des responsabilités administratives limitées.
La réouverture est également cruciale pour les Palestiniens déplacés cherchant à rentrer. Environ 80 000 Palestiniens ayant fui Gaza lors du pic des hostilités se trouvent actuellement en Égypte ou dans des pays tiers et devraient tenter de revenir par Rafah au fur et à mesure de l’avancée du processus graduel.
Les responsables soulignent toutefois que la phase pilote ne signifie pas une normalisation complète. Les cargaisons d’aide et les marchandises commerciales demeurent limitées au passage de Karem Abou Salem, et toute extension des opérations à Rafah dépendra des évaluations sécuritaires et de l’évolution des négociations sur le cessez-le-feu.
Aperçu du statut du passage de Rafah (février 2026)
Quota quotidien : 50 entrées / 50 sorties
Fret et aide : fermés, redirigés vers Karem Abou Salem
Gestion : mission européenne avec supervision égyptienne et israélienne
Sécurité : filtrage biométrique, surveillance à distance, point de contrôle israélien
Si cette réouverture offre une bouée de sauvetage limitée pour les cas médicaux et certains civils déplacés, les diplomates et les acteurs humanitaires avertissent que les arrangements actuels restent très insuffisants pour répondre aux besoins humanitaires et économiques globaux de Gaza.







