La découverte de plusieurs fosses communes à la périphérie d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, a ravivé les inquiétudes concernant l’escalade des violations des droits humains dans la province du Sud-Kivu, mettant en évidence la fragilité de la situation sécuritaire malgré les efforts de paix en cours.
Découverte des Sites de Fosses
Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a confirmé la découverte de deux principaux sites de fosses communes après de fortes pluies ayant mis au jour des zones d’inhumation près de la ville frontalière stratégique d’Uvira.
Quartier de Kavimvira : 141 corps récupérés d’une fosse commune.
Quartier de Kiromoni : Environ 30 corps découverts près de la frontière burundaise.
Sange (à 30 km d’Uvira) : Un troisième site contenant 10 corps identifié par des responsables de la société civile.
Le total combiné signalé s’élève à 181 victimes.
Uvira, important centre commercial près du lac Tanganyika et de la frontière avec le Burundi, était sous le contrôle du groupe rebelle M23 avant son retrait récent.
Accusations Contre le M23
Le gouverneur Purusi et le Réseau local pour la protection des civils accusent les combattants du Mouvement du 23 mars (M23) d’avoir tué les victimes durant leur occupation de la ville.
Selon les autorités locales, les victimes seraient des civils soupçonnés de collaborer avec l’armée nationale congolaise (FARDC) ou avec les milices pro-gouvernementales Wazalendo.
Le M23 avait pris le contrôle d’Uvira en décembre 2025 lors d’une offensive rapide qui, selon des estimations régionales, a causé plus de 1 500 morts civils et déplacé environ 300 000 personnes. Le groupe a annoncé son retrait en janvier 2026, le qualifiant de « mesure de confiance » dans le cadre de négociations de paix médiatisées par les États-Unis et le Qatar.
Accès Restreint aux Sites
Bien que les fosses aient été révélées par les pluies, des organisations locales de la société civile rapportent que l’armée congolaise a depuis restreint l’accès aux sites, empêchant toute documentation indépendante et toute expertise médico-légale.
L’armée n’a pas détaillé publiquement les raisons de ces restrictions, suscitant des inquiétudes quant à la transparence et à la préservation des preuves.
Réaction Internationale et Processus de Paix Fragile
La Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) prévoit de déployer une équipe de surveillance à Uvira afin de vérifier le respect du cessez-le-feu et d’enquêter sur les violations présumées des droits humains. Les responsables avertissent toutefois que l’environnement sécuritaire demeure instable.
Ces découvertes interviennent moins d’un mois après la signature de l’Accord-cadre de Doha du 2 février 2026, destiné à instaurer un cessez-le-feu permanent entre le gouvernement congolais et la coalition Alliance Fleuve Congo, qui inclut le M23.
Alors que les enquêtes débutent, les appels se multiplient en faveur d’examens médico-légaux indépendants et d’une responsabilité judiciaire pour d’éventuels crimes de guerre. Les semaines à venir seront déterminantes pour la crédibilité du processus de paix et la stabilité du Sud-Kivu.







