Au moins 227 personnes ont été tuées après un glissement de terrain massif survenu dans la mine de coltan de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, dans ce qui constitue l’une des catastrophes minières les plus meurtrières de l’histoire du pays, selon les autorités locales et Reuters.
L’effondrement a été provoqué par de fortes pluies saisonnières, qui ont déstabilisé les collines entourant ce site minier artisanal largement non réglementé, mercredi 28 janvier. Les responsables des secours ont indiqué que l’ampleur réelle du drame n’est apparue que plusieurs jours plus tard, à mesure que les opérations de récupération se poursuivaient dans des conditions difficiles.
Des civils parmi les victimes
Les autorités locales ont confirmé que les victimes comprenaient des mineurs artisanaux, des enfants et des femmes commerçantes présentes à proximité des fosses minières lorsque la colline s’est effondrée. Au moins 20 personnes restent hospitalisées dans un état grave, tandis que les recherches se poursuivent dans un terrain accidenté et un contexte sécuritaire instable.
L’exploitation à Rubaya repose principalement sur un travail manuel, les mineurs creusant des galeries étroites et non soutenues dans des sols instables. Les risques d’effondrement augmentent fortement pendant la saison des pluies, selon des experts du secteur.
Une zone minière stratégique et marquée par le conflit
La zone minière de Rubaya revêt une importance mondiale majeure, produisant environ 15 % du coltan mondial, un minerai stratégique transformé en tantale et utilisé dans les smartphones, les ordinateurs, les véhicules électriques et l’aéronautique.
La région reste profondément affectée par le conflit. Depuis 2024, Rubaya est sous le contrôle du groupe rebelle AFC/M23. Les Nations unies accusent ce groupe d’exploiter les ressources minières pour financer son insurrection, notamment avec un soutien présumé du Rwanda voisin, des accusations que Kigali nie régulièrement.
Les analystes estiment que la combinaison du contrôle par des groupes armés, d’une réglementation insuffisante et de la hausse de la demande mondiale en minerais critiques expose dangereusement les travailleurs et les communautés locales.
Une escalade dramatique
L’ampleur de la catastrophe de Rubaya dépasse largement celle des récents accidents miniers en RDC :
- Janvier 2026 — Rubaya (coltan) : plus de 227 morts
- Novembre 2025 — Lualaba (cobalt) : 32 morts
- Juin 2025 — Rubaya (coltan) : 12 à 21 morts
Les organisations de défense des droits humains estiment que ces tragédies répétées illustrent l’échec à faire respecter des normes de sécurité minimales dans les zones minières artisanales, en particulier dans les régions en conflit.
Appels à la responsabilité
À ce stade, le gouvernement central à Kinshasa n’a publié aucune déclaration détaillée annonçant de nouvelles mesures de sécurité ou des mécanismes de responsabilisation. Des observateurs internationaux et des groupes de plaidoyer appellent les autorités congolaises et les Nations unies à renforcer la supervision, améliorer la protection des travailleurs et s’attaquer au rôle des groupes armés dans les chaînes d’approvisionnement en minerais.
La tragédie de Rubaya devrait raviver l’examen international des conditions d’extraction des minerais critiques, essentiels aux technologies modernes, dans certaines des régions les plus instables du monde.







