Des combattants de la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest ont lancé jeudi une attaque coordonnée avant l’aube contre la base militaire nigériane de Sabon Gari dans l’État de Borno, marquant une escalade notable des tactiques insurgées avec l’utilisation de drones armés, selon des déclarations officielles de l’armée et des informations concordantes des médias.
Des sources militaires ont précisé que l’attaque visait la base de Sabon Gari située dans l’État de Borno, relevant du secteur 2 de l’opération Hadin Kai, et non un site du même nom à Madagali, dans l’État d’Adamawa.
Brèche du périmètre militaire appuyée par des drones
S’exprimant au nom de la Force opérationnelle interarmées du Nord-Est, le lieutenant-colonel Sani Uba, porte-parole de l’opération Hadin Kai, a indiqué que les assaillants ont frappé avant l’aube, combinant des frappes aériennes appuyées par des drones à une attaque terrestre menée depuis plusieurs directions.
Selon le récit officiel, l’utilisation de drones armés a permis aux assaillants de percer temporairement le périmètre de la base. Les frappes aériennes ont détruit des équipements militaires clés, notamment une excavatrice et une remorque porte-engins stationnées à l’intérieur du site.
Les troupes présentes, appuyées par des renforts venus de formations voisines, ont repoussé les assaillants après de violents échanges de tirs et repris le contrôle total de la base. Une opération de poursuite est en cours afin de traquer les combattants en fuite, a précisé Sani Uba.
Bilan humain selon des sources sécuritaires
Si l’armée a confirmé la mort de certains de ses éléments, aucun bilan officiel n’a été communiqué. Toutefois, des sources sécuritaires citées par Reuters et des médias nigérians font état d’au moins neuf soldats et deux membres de la Force civile conjointe tués lors de l’attaque.
Environ seize autres personnes ont été blessées et reçoivent des soins médicaux, selon les mêmes sources.
Inquiétude croissante face aux capacités de drones des insurgés
L’armée nigériane a exprimé son inquiétude face à ce qu’elle décrit comme une tendance préoccupante à l’utilisation de drones par l’ISWAP et Boko Haram depuis le début de l’année 2026, signalant une évolution des capacités opérationnelles des groupes armés.
Plus tôt ce mois-ci, des troupes opérant dans la zone dite du triangle de Tombouctou ont repoussé deux attaques coordonnées par drones lors d’opérations de ratissage le 18 janvier. Le 16 janvier, une autre attaque a visé la base avancée d’Azir, où des combattants ont utilisé des lance-roquettes pour frapper une salle de contrôle de vidéosurveillance et des véhicules militaires.
Implications sécuritaires
Des analystes militaires estiment que l’attaque de Sabon Gari met en évidence la sophistication croissante des tactiques insurgées dans le nord-est du Nigeria, en particulier l’emploi de drones modifiés ou armés pour appuyer des assauts terrestres et dégrader les infrastructures militaires.
Les forces armées nigérianes ont réaffirmé leur engagement à contrer cette menace évolutive et à maintenir la pression sur les groupes insurgés opérant dans l’État de Borno et l’ensemble de la région du lac Tchad.







