Les États-Unis et le Nigeria ont considérablement renforcé leur coopération militaire et diplomatique en janvier 2026, marquant un tournant vers un engagement antiterroriste plus direct et « offensif ». Des déclarations officielles des deux gouvernements confirment que des réunions de haut niveau et des opérations conjointes récentes redéfinissent la coordination sécuritaire, avec un accent particulier sur la lutte contre les groupes extrémistes opérant dans le nord-ouest et le nord-est du Nigeria.
Au cœur de ce partenariat renouvelé figure le nouveau Groupe de travail conjoint États-Unis–Nigeria, qui a tenu sa première session à Abuja le 22 janvier. Ce mécanisme a été mis en place après la désignation par Washington du Nigeria comme Pays particulièrement préoccupant (CPC) au titre de la loi américaine sur la liberté religieuse internationale, une classification ayant entraîné une intensification de l’engagement diplomatique.
La délégation nigériane était conduite par le conseiller à la sécurité nationale Nuhu Ribadu, tandis que la délégation américaine était dirigée par la sous-secrétaire d’État Allison Hooker. Selon les comptes rendus officiels, les discussions ont porté sur la réduction des violences contre les communautés vulnérables, le renforcement de la protection de la liberté religieuse et l’amélioration de l’environnement sécuritaire global. Les deux parties ont convenu d’approfondir la coopération en matière de partage du renseignement, de coordination tactique, de lutte contre le blanchiment d’argent et de renforcement des capacités des forces de l’ordre.
Renforcement du soutien militaire et opérations conjointes
La coopération militaire s’est accélérée parallèlement à l’engagement diplomatique. Le 26 janvier, le lieutenant-général John Brennan, commandant adjoint du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), a confirmé que Washington accroît les livraisons de matériel, l’assistance en renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR), ainsi que la formation tactique des forces nigérianes.
Cette intensification fait suite aux frappes aériennes américaines menées le 25 décembre 2025 contre des combattants affiliés à l’État islamique dans l’État de Sokoto, au nord-ouest du Nigeria. Les responsables américains ont décrit ces frappes comme des opérations de précision lancées à la demande du gouvernement nigérian, visant à perturber l’expansion de cellules de Daech (ISIS) dans le corridor sahélien.
Le soutien est désormais concentré sur deux grandes campagnes militaires nigérianes :
- L’opération Hadin Kai, axée sur le théâtre nord-est
- L’opération Fasan Yamma, visant les réseaux extrémistes armés dans le nord-ouest
AFRICOM a également confirmé une assistance en technologies de vision nocturne, en munitions guidées de précision et en renseignement aérien renforcé afin d’améliorer la précision des frappes et de réduire les dommages causés aux civils.
Enjeux stratégiques en Afrique de l’Ouest
Les responsables américains présentent ce partenariat comme faisant partie d’une stratégie plus large visant à empêcher la propagation de l’extrémisme depuis la région du Sahel, notamment depuis le Niger voisin, où des groupes affiliés à l’État islamique ont étendu leur présence. Le général Brennan a souligné que Washington considère le Nigeria comme un « pilier sécuritaire » de l’Afrique de l’Ouest, dont la stabilité est essentielle au confinement régional du terrorisme.
Si de petites équipes militaires américaines demeurent au Nigeria pour des missions de formation et d’évaluation opérationnelle, les responsables insistent sur le caractère limité de la présence américaine. La mission vise, selon eux, à renforcer les capacités nigérianes plutôt qu’à déployer un grand nombre de troupes américaines.
Jalons sécuritaires clés
- 25 décembre 2025 — Frappes aériennes américaines contre des camps liés à l’État islamique dans l’État de Sokoto
- 13 janvier 2026 — AFRICOM livre du matériel militaire stratégique à Abuja
- 22 janvier 2026 — Réunion du Groupe de travail conjoint États-Unis–Nigeria à Abuja
- 26 janvier 2026 — AFRICOM confirme l’élargissement du soutien ISR et de la formation tactique
Une nouvelle phase des relations sécuritaires bilatérales
Les analystes considèrent les développements de janvier comme un tournant décisif dans les relations entre Washington et Abuja, reflétant la volonté des États-Unis de s’engager plus directement dans des opérations cinétiques menées par des partenaires, tout en maintenant une présence militaire discrète. Pour le Nigeria, ce partenariat offre un accès à des technologies avancées, au renseignement et à un soutien international dans sa lutte contre des menaces extrémistes persistantes sur plusieurs fronts.
Alors que les deux gouvernements affichent leur engagement continu envers ce cadre conjoint, les mois à venir permettront de mesurer si cette coopération renforcée peut produire des améliorations tangibles des conditions de sécurité dans les régions les plus instables du Nigeria.







