La Compagnie nationale de pétrole libyenne (NOC) et le gouvernement libyen ont officiellement confirmé que l’année 2025 a marqué la meilleure performance du secteur énergétique du pays depuis plus d’une décennie, signalant une nouvelle phase de reprise après des années d’instabilité et de sous-investissement.
Selon des données officielles présentées lors du Libya Energy & Economy Summit (LEES) à Tripoli, l’industrie pétrolière libyenne a atteint ses niveaux de production les plus élevés depuis 2013, soutenue par de nouveaux développements de champs, la remise en état des infrastructures et une amélioration de la stabilité opérationnelle.
Production et revenus records
En 2025, la Libye a enregistré une production moyenne de pétrole brut de 1,374 million de barils par jour, pour un volume annuel total de 501 millions de barils. Ces performances ont généré 21,9 milliards de dollars de revenus, soit une hausse de 15 % par rapport à 2024.
La NOC a indiqué que ces résultats s’inscrivent dans une feuille de route stratégique visant à accroître les capacités, avec un objectif de 1,6 million de barils par jour d’ici fin 2026, et une cible à plus long terme de 2 millions de barils par jour dans un horizon de trois à cinq ans.
Les responsables ont qualifié ces résultats de tournant majeur dans la relance énergétique du pays, soulignant le retour de la fiabilité des champs et de la confiance des investisseurs étrangers.
Accords internationaux majeurs
Lors du sommet LEES 2026, organisé à Tripoli du 24 au 26 janvier, plusieurs accords structurants ont été signés pour soutenir la croissance à long terme.
Un prolongement de 25 ans de la concession de Waha, d’une valeur de 20 milliards de dollars, a été conclu avec TotalEnergies (France) et ConocoPhillips (États-Unis). L’accord vise à porter la production des champs de Waha — qui atteignait 375 000 barils par jour en 2025 — à plus de 850 000 barils par jour dans les années à venir.
Par ailleurs, la NOC a signé un protocole d’accord avec Chevron pour explorer de nouvelles opportunités en amont, ainsi qu’un accord de coopération technique avec l’Égypte axé sur la logistique, la formation et le soutien opérationnel.
Première ronde de licences depuis 17 ans
La Libye finalise également sa première ronde de licences d’exploration pétrolière et gazière depuis 2008, marquant la réouverture de son secteur amont aux investissements internationaux.
L’appel d’offres porte sur 22 blocs onshore et offshore, avec la participation de majors mondiales telles que Eni, BP, ExxonMobil, Shell et QatarEnergy. Les résultats officiels sont attendus pour la deuxième semaine de février 2026.
Les analystes estiment que cette initiative constitue un test clé pour la capacité du pays à attirer des investissements durables dans un contexte politique évolutif.
Gaz naturel et énergies renouvelables
Au-delà du pétrole, la Libye développe des projets majeurs dans le gaz naturel. Le projet offshore “Structures A&E”, d’un montant de 8 milliards de dollars et mené par Eni, devrait entrer en production en 2026, fournissant environ 750 millions de pieds cubes de gaz par jour au réseau national.
Parallèlement, le ministère du Pétrole et du Gaz a confirmé l’adoption d’une stratégie nationale pour les énergies renouvelables, mettant l’accent sur l’intégration à grande échelle de l’énergie solaire afin de réduire la consommation domestique de pétrole et d’augmenter les volumes exportés.
Les plus grandes réserves prouvées d’Afrique
Selon les références de l’OPEP pour 2025-2026, la Libye détient toujours les plus importantes réserves prouvées de pétrole en Afrique, estimées à 48,4 milliards de barils, soit environ 3 % des réserves mondiales, consolidant son rôle clé sur les marchés énergétiques européens et méditerranéens.
Perspectives
Avec la hausse de la production, l’élargissement des partenariats internationaux et la reprise de l’exploration après près de deux décennies, le secteur énergétique libyen semble bien positionné pour une croissance durable en 2026 et au-delà. L’annonce des résultats de la ronde de licences en février devrait marquer une nouvelle étape dans le développement pétrolier et gazier du pays.







