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Le Burkina Faso adhère à la Convention de Vienne, ouvrant la voie juridique à un programme nucléaire civil

Le Burkina Faso a officiellement adhéré à la Convention de Vienne sur la responsabilité civile en matière de dommages nucléaires, marquant une étape juridique majeure dans son projet de lancement d’un programme nucléaire civil destiné à répondre aux pénuries chroniques d’électricité.

L’Assemblée législative de transition a approuvé à l’unanimité l’adhésion à la convention le 27 janvier 2026, avec 66 voix pour et aucune contre. Cette décision aligne le Burkina Faso sur les normes internationales en matière de responsabilité nucléaire et établit le cadre juridique et financier nécessaire avant tout projet de centrale nucléaire.

Cadre juridique du développement nucléaire

Adoptée en 1963, la Convention de Vienne instaure un régime international de responsabilité en cas d’accident nucléaire. En y adhérant, le Burkina Faso s’engage à respecter des règles reconnues au niveau mondial concernant l’indemnisation et la compétence juridictionnelle en cas de dommages nucléaires.

La convention prévoit une responsabilité stricte et exclusive des exploitants nucléaires, sans obligation pour les victimes de prouver une faute. Elle permet également à l’État de plafonner la responsabilité, réduisant ainsi les risques financiers pour les investisseurs. Les litiges relèveront exclusivement des juridictions nationales, et les exploitants devront disposer d’assurances ou de garanties financières obligatoires.

Les autorités estiment que cette adhésion est indispensable pour attirer des partenaires techniques et financiers étrangers.

Partenariat avec la Russie

Cette avancée juridique s’inscrit dans la continuité d’accords conclus avec le secteur nucléaire russe, traduisant la volonté du Burkina Faso de construire sa première centrale nucléaire.

Parmi les étapes clés figurent la création de l’agence nationale de l’énergie atomique en août 2024 et la signature d’un accord intergouvernemental avec la Russie en juin 2025 à Saint-Pétersbourg, ratifié par le parlement en novembre 2025. L’adhésion à la Convention de Vienne vient compléter ce dispositif juridique.

Le projet devrait désormais entrer dans les phases d’études de faisabilité et de sélection des sites.

Stratégie énergétique et objectifs nationaux

Le programme nucléaire s’inscrit dans la stratégie du président Ibrahim Traoré visant à accroître l’accès à l’électricité et à réduire la dépendance énergétique extérieure. Le taux d’accès à l’électricité était d’environ 22,5 % en 2020, avec un objectif de 60 % d’ici 2027.

La centrale envisagée aurait une capacité d’au moins un gigawatt, avec un impact potentiel majeur sur le mix énergétique national et les coûts de production à long terme.

Des applications nucléaires dans les domaines médical et agricole sont également à l’étude.

Prochaine étape

Après l’adoption du cadre juridique, l’attention se porte désormais sur les choix techniques, les évaluations environnementales et les modalités de financement. Le choix entre réacteurs de grande taille et réacteurs modulaires de petite dimension sera déterminant pour le calendrier et les coûts du projet.

L’adhésion à la Convention de Vienne marque l’entrée du Burkina Faso dans une nouvelle phase de préparation réglementaire et stratégique.

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