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La crise des inondations au Mozambique atteint un niveau critique alors que la SADC et l’ONU renforcent la réponse d’urgence

De graves inondations dans le sud du Mozambique se sont transformées en une urgence humanitaire majeure, selon des rapports officiels de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et des agences des Nations unies, qui confirment que la situation a atteint un niveau critique. La province de Gaza demeure l’épicentre de la catastrophe, alors que la montée des eaux du bassin du fleuve Limpopo continue d’engloutir des communautés, de détruire des infrastructures et de déplacer des centaines de milliers de personnes.

Le 24 janvier, la SADC a déployé son Équipe d’intervention d’urgence (ERT) à Xai-Xai, capitale de la province de Gaza, afin de renforcer les opérations nationales de gestion des catastrophes. La mission est dirigée par le brigadier général Chere Makhetha, chef d’état-major de la SADC, et comprend des spécialistes de la recherche et du sauvetage, de la logistique, de la santé publique, de la coordination civilo-militaire et de la gestion de l’information. L’équipe devrait rester sur le terrain au moins jusqu’au 31 janvier, en appui à l’Institut national de gestion des catastrophes du Mozambique (INGD), alors que les opérations de secours s’intensifient.

Selon les dernières données publiées conjointement par l’INGD et le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), près de 779 000 personnes sont désormais touchées à l’échelle nationale, contre une estimation précédente de 650 000. Au moins 12 décès ont été officiellement confirmés, bien que les clusters humanitaires de l’ONU indiquent que le bilan provisoire pourrait s’alourdir à mesure que les équipes d’évaluation atteignent les communautés isolées. Environ 392 000 personnes ont été déplacées, dont près de 100 000 hébergées actuellement dans 91 centres officiels d’accueil.

La destruction des infrastructures entrave gravement les efforts de secours. Plus de 5 000 kilomètres de routes ont été endommagés, y compris de vastes sections de l’axe stratégique EN1 reliant Maputo aux provinces du nord. L’accès routier étant interrompu, les agences humanitaires recourent de plus en plus à des bateaux et des hélicoptères pour atteindre les populations isolées.

La province de Gaza représente environ 75 % de la population totale affectée. Des districts tels que Chókwè et Xai-Xai restent submergés alors que le fleuve Limpopo continue de déborder. Les responsables onusiens ont tiré la sonnette d’alarme concernant l’effondrement des habitations traditionnelles, soulignant que près de 90 % des logements de la région sont construits en adobe à base de terre, matériaux qui se désagrègent après une exposition prolongée aux eaux de crue.

Les risques environnementaux et sécuritaires aggravent la crise. L’OCHA a averti que des crocodiles emportés par les eaux du Limpopo ont pénétré dans des zones résidentielles inondées, représentant un danger sérieux pour les habitants et les équipes de secours.

Les préoccupations sanitaires s’intensifient également. Le ministère de la Santé et ses partenaires humanitaires signalent des dommages à 229 établissements de santé, augmentant le risque de choléra et d’autres maladies hydriques. Par ailleurs, le secteur de l’éducation est fortement perturbé, avec 364 écoles touchées et plus de 300 000 enfants confrontés à une interruption prolongée de leur scolarité.

Les pertes agricoles menacent la sécurité alimentaire à long terme. Plus de 181 000 hectares de terres agricoles sont submergés et plus de 58 000 têtes de bétail ont été perdues, suscitant de vives inquiétudes quant aux moyens de subsistance et à la relance post-inondations.

La crise dépasse les frontières du Mozambique. L’Afrique du Sud a déclaré, le 18 janvier, un état de catastrophe nationale dans ses provinces du Limpopo et du Mpumalanga, qui partagent les mêmes bassins fluviaux, soulignant l’ampleur régionale de cet épisode météorologique extrême.

Les agences humanitaires appellent à un soutien international urgent alors que les capacités de réponse sont mises à rude épreuve. Avec de nouvelles pluies attendues dans les prochains jours, les autorités avertissent que la situation pourrait encore se détériorer avant que les opérations de secours ne parviennent à stabiliser la crise.

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