La crise alimentaire qui s’aggrave dans le nord-est du Nigeria et à travers l’Afrique de l’Ouest et centrale approche d’un point de rupture, ont averti le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), alors que les conflits, les déplacements massifs et l’effondrement du financement humanitaire plongent des millions de personnes dans l’insécurité alimentaire extrême.
Les évaluations conjointes fondées sur l’analyse Cadre Harmonisé montrent qu’environ 55 millions de personnes dans la région sont confrontées à une faim aiguë. Le Nigeria représente la part la plus importante, avec près de 35 millions de personnes susceptibles de souffrir d’une insécurité alimentaire sévère en 2026.
Le constat le plus alarmant concerne l’État de Borno, où environ 15 000 personnes sont entrées en phase IPC 5 des conditions proches de la famine marquant la première apparition de niveaux de faim catastrophiques dans le nord est du Nigeria depuis plus de dix ans.
L’évaluation prévoit également que 13 millions d’enfants souffriront de malnutrition aiguë cette année dans la région, tandis qu’environ 3 millions de personnes sont déjà classées en phase IPC 4 (urgence), soit le double du chiffre enregistré en 2020.
Effondrement des financements humanitaires
Le PAM indique que les opérations humanitaires sont réduites au moment même où les besoins atteignent des niveaux records, en raison d’une chute brutale des financements internationaux.
Au Nigeria, l’assistance nutritionnelle destinée à environ 300 000 enfants a été suspendue l’an dernier. Le PAM prévoit de n’atteindre qu’environ 72 000 personnes en février 2026, contre une moyenne mensuelle de 1,3 million de bénéficiaires en 2025.
Pour maintenir ses opérations vitales au premier semestre 2026, l’agence lance un appel urgent de 453 millions de dollars.
Les conflits alimentent la faim
Dans les États du nord-est du Nigeria — Borno, Adamawa et Yobe — une insurrection vieille de 15 ans empêche toujours les agriculteurs d’accéder à leurs terres et aux marchés.
Les groupes armés exploitent de plus en plus la faim pour étendre leur influence, accentuant l’instabilité et les risques sécuritaires dans le Sahel.
Une course contre la montre
Les agences humanitaires avertissent que les six prochains mois seront déterminants. Sans financement urgent et sans amélioration de l’accès sécuritaire, les systèmes alimentaires régionaux risquent de s’effondrer davantage.







