Un récent rapport de l’ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED) met en évidence une forte intensification de la violence en Afrique de l’Ouest et du Centre, avertissant de la convergence de foyers de conflit jusque-là distincts en un continuum de crise.
Selon le rapport, plus de 10 000 personnes ont été tuées l’an dernier au Burkina Faso, au Mali et au Niger, en raison de la recrudescence des attaques menées par des groupes armés.
Les principaux groupes jihadistes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et l’organisation État islamique, ont élargi leurs activités transfrontalières, renforçant leur présence dans le nord du Bénin, au Niger et au Nigeria.
Le nord du Bénin a connu sa période la plus meurtrière, avec une hausse de 70 % du nombre de victimes. L’attaque d’avril dernier, au cours de laquelle plus de 50 soldats ont été tués dans le parc national du W, figure parmi les événements les plus sanglants recensés.
Le rapport alerte en particulier sur une évolution jugée « extrêmement préoccupante » : les groupes jihadistes du Sahel consolident désormais leur implantation et coopèrent avec leurs homologues du nord et de l’ouest du Nigeria, traduisant de fait la fusion de deux théâtres de conflit jusque-là séparés.
La zone frontalière tripartite entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, avec ses prolongements vers le Bénin et le Nigeria, est ainsi devenue l’épicentre du conflit en Afrique de l’Ouest.
Au Mali, si le nombre de victimes est resté relativement stable, les modes opératoires ont évolué de manière alarmante, avec des attaques systématiques contre des convois de carburant, provoquant un étranglement économique et une flambée de violence inédite dans plusieurs régions — la plus intense depuis le début des enregistrements en 1997.







