Dans une scène exceptionnelle, les applaudissements ont retenti au Forum de Doha, où des centaines de responsables et de diplomates ont salué le discours du président syrien Ahmed Al-Shar’a, autrefois inscrit sur les listes internationales du terrorisme.
Ces salves d’applaudissements sont venues en réaction à son argumentation, qui renversait les notions traditionnelles du terrorisme en dénonçant la double norme qui gouverne son application.
Cet épisode ne constitue pas un simple moment médiatique : il peut être interprété comme un signe symbolique de transformations plus profondes dans le paysage géopolitique mondial, marqué par la contestation croissante de l’unilatéralisme et l’évolution des rapports de force.
Al-Shar’a a structuré son discours autour d’un raisonnement direct et percutant, fondé sur la comparaison et la contradiction pour mettre en lumière les incohérences de la communauté internationale.
Il a cité des exemples d’opérations militaires israéliennes et américaines, ainsi que les campagnes menées autrefois par le régime syrien, affirmant qu’elles ont causé un nombre massif de victimes civiles sans que leurs auteurs ne soient qualifiés de « terroristes ».
À l’inverse, il a nié que son ancienne organisation — classée terroriste — ait provoqué des morts civils ou des déplacements de populations, soutenant qu’elle les protégeait.
Il en a conclu que le qualificatif de « terroriste » est souvent un outil politique utilisé par ceux qui exercent eux-mêmes la violence pour délégitimer leurs adversaires.
La réception de ce discours ne peut être dissociée du contexte international actuel, marqué par une fissure du système mondial dominé par l’Occident à la suite de la guerre à Gaza et du conflit en Ukraine.
Les applaudissements de Doha ont dépassé la simple réaction à un discours habile : ils constituent un signal d’un effritement du consensus international.
Le discours d’Ahmed Al-Shar’a a réussi à transformer la tribune : d’un procès de son passé à une mise en accusation de l’hypocrisie de l’ordre international.







