Les autorités issues du coup d’État au Niger ont catégoriquement rejeté les accusations françaises de « vol » d’une cargaison d’uranium, affirmant que l’exercice de leur souveraineté sur les ressources naturelles du pays est légal et ne saurait être assimilé à un acte de pillage.
Cette réaction intervient après l’ouverture, à Paris, d’une enquête sur la disparition de quantités d’uranium provenant d’un site auparavant exploité par la société française Orano.
Le ministre nigérien des Mines, le colonel Ousmane Abarchi, a déclaré qu’« on ne peut pas voler ce que l’on possède légalement ». De son côté, le ministre de la Justice a révélé qu’Orano serait redevable de 58 milliards de francs CFA d’arriérés, lançant la question : « Qui a volé qui ? ».
Cette escalade intervient plusieurs mois après la nationalisation, en juin dernier, de la société Somaïr, filiale d’Orano, et la volonté affichée par Niamey de vendre ses stocks d’uranium sur les marchés internationaux. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement nigérien cherche à diversifier ses partenariats, notamment avec l’Iran et la Russie.
De son côté, Orano a mis en garde contre tout déplacement de la cargaison et engagé des procédures d’arbitrage international contre le Niger. L’entreprise a récemment obtenu une décision judiciaire interdisant la vente de l’uranium stocké sur le site de Somaïr, dont la valeur de marché est estimée à environ 250 millions d’euros.
Le Niger demeure l’un des producteurs majeurs d’uranium au monde, représentant près de 4,7 % de la production mondiale de ce minerai stratégique.







