Neuf officiers supérieurs maliens, sur un total de onze révoqués en octobre dernier, ont saisi la Cour suprême du Mali pour contester la décision mettant fin à leurs fonctions.
Selon un communiqué de leurs avocats, les officiers estiment que la mesure est entachée d’un « abus de pouvoir » et d’une « violation des droits de la défense ».
Les autorités de transition avaient arrêté ces officiers en août dernier, les accusant de « complot » et de tentative de « déstabilisation de l’État ». Leurs visages avaient été diffusés à la télévision nationale, où ils avaient été présentés comme impliqués dans une « tentative de coup d’État ».
Les avocats dénoncent de graves irrégularités procédurales, affirmant que leurs clients n’ont reçu aucune convocation officielle, ni notification des accusations retenues contre eux. Ils soutiennent également que les intéressés n’ont jamais été informés des décisions du conseil de discipline, ni des voies de recours légales disponibles.
Le communiqué souligne par ailleurs « l’absence totale de preuve d’une faute professionnelle ou disciplinaire » dans leur dossier.
Cette action en justice intervient parallèlement à la publication d’un décret révoquant un autre officier, détenu depuis mars 2024, après la publication d’un ouvrage évoquant des rapports d’organisations de défense des droits humains accusant l’armée malienne de violations.
Le dossier est également alourdi par l’arrestation, en août dernier, d’un officier français des services de renseignement, toujours détenu, ajoutant une dimension diplomatique sensible à la crise.
Ce recours ouvre ainsi un nouveau front judiciaire dans un contexte politique et sécuritaire déjà tendu au Mali, marqué par des frictions persistantes entre l’institution militaire et les acteurs politiques.







