La Tanzanie connaît ce 9 décembre un large appel à manifester coïncidant avec l’anniversaire de l’indépendance, pour protester contre les résultats de l’élection d’octobre dernier et la répression qui a suivi, ainsi que pour réclamer la démission de la présidente Samia Suluhu Hassan, malgré l’interdiction officielle des rassemblements.
Les autorités ont déployé d’importantes forces de sécurité dans plusieurs villes et ont pris des mesures préventives, notamment en demandant aux stations-service de réduire les ventes de carburant afin d’entraver les déplacements des manifestants — des démarches qualifiées par des organisations de défense des droits humains de tentatives pour empêcher tout mouvement populaire.
Les appels à la mobilisation circulent sous le hashtag #D9, lancé par des jeunes âgés de 16 à 30 ans via les réseaux sociaux et des applications chiffrées, dans le but de transformer la fête nationale en journée de protestation politique.
La colère populaire trouve son origine dans l’élection présidentielle du 29 octobre, au cours de laquelle la présidente sortante a été créditée de 98 % des voix, un résultat rejeté par l’opposition et contesté par certains observateurs internationaux.
Selon des rapports d’ONG, plus d’un millier de personnes auraient été tuées et des milliers d’autres arrêtées lors de la répression des précédentes manifestations — des accusations niées par le gouvernement.
L’ONU et les États-Unis ont exprimé leur inquiétude face à l’escalade des tensions et au risque d’un retour de la violence dans le pays.







