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Afrique du l’Ouest et Sahel

Accalmie dans la crise du carburant à Bamako… Des informations exclusives révèlent les dessous de l’apaisement et les détails d’un accord non déclaré

Bamako – African Perceptions

La capitale malienne Bamako connaît, depuis la fin novembre 2025, un début d’accalmie dans la grave pénurie de carburant qui a paralysé la ville pendant plusieurs semaines, après un blocus sans précédent imposé par Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) sur les principaux axes menant à la capitale.

Cependant, des informations exclusives obtenues par African Perceptions auprès de sources très proches de la branche Massina – l’un des sous-ensembles du groupe – révèlent un élément resté dans l’ombre et apportent un éclairage nouveau sur la relation complexe entre le gouvernement de transition et les groupes armés.

Sources exclusives : le gouvernement aurait libéré des prisonniers en échange d’un allègement du blocus

Selon ces sources, les autorités maliennes ont récemment procédé à la libération d’un nombre important de détenus affiliés à JNIM, dans le cadre d’un arrangement informel avec des commandants du groupe. Cet accord prévoyait un assouplissement du blocus visant les camions de transport de carburant, ainsi qu’une réduction des attaques sur les routes menant à Bamako.

D’après la même source, cette libération a constitué le facteur décisif ayant permis l’amélioration progressive de la situation, ce qui explique la réouverture de certaines stations-service et l’augmentation du nombre de camions entrant dans la capitale à la fin du mois de novembre.

La source ajoute :

« Malgré les déclarations des dirigeants de la transition affirmant qu’ils ne négocient jamais avec les groupes jihadistes, des canaux de communication restent ouverts en permanence, et chaque partie sait comment faire passer ses messages à l’autre. »

Ces informations concordent avec les évaluations internationales suggérant l’existence d’une trêve non officielle ou de “compréhensions tacites” ayant contribué à réduire les attaques contre les convois de carburant.

Arrière-plan de la crise : un blocus économique utilisé comme arme stratégique

La crise a débuté en septembre 2025 lorsque JNIM a imposé un blocus intensif sur les routes menant à Bamako, ciblant les camions-citernes en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Des dizaines de camions ont été détruits et plusieurs chauffeurs et civils ont été tués, entraînant une rareté aiguë du carburant dans la capitale.

Objectifs du blocus

Selon plusieurs analystes sécuritaires, l’objectif du groupe était de mettre sous pression le gouvernement dirigé par Assimi Goïta, et de démontrer sa capacité à contrôler les artères économiques essentielles de l’État.

Impacts : économie paralysée et crise humanitaire

À l’intérieur du pays

• Hausse spectaculaire des prix sur le marché noir, dépassant 500 %.

• Paralysie quasi totale des transports publics et des taxis.

• Coupures d’électricité prolongées en raison de la dépendance des centrales au diesel.

• Fermeture des écoles et services perturbés faute de mobilité et d’énergie.

• Dégradation de la situation sécuritaire avec une hausse des enlèvements et des vols.

Au niveau régional et international

• Avertissements concernant le risque d’effondrement de l’État malien et ses répercussions sur le Sahel et le Maghreb.

• Plusieurs pays occidentaux ont conseillé à leurs ressortissants de quitter le Mali.

• Augmentation des besoins humanitaires et du nombre de déplacés internes.

Comment l’accalmie s’est installée ?

Fin novembre, la crise a commencé à s’atténuer progressivement grâce à plusieurs facteurs :

  1. Soutien régional
    Le Niger et le Sénégal ont augmenté leurs livraisons afin d’aider le Mali à surmonter la pénurie.
  2. Renforcement sécuritaire
    Le gouvernement a mis en place un plan d’urgence incluant l’escorte militaire des convois de carburant, avec un rôle notable de certaines unités associées à Africa Corps pour la protection terrestre et aérienne.
  3. Trêves et arrangements non déclarés
    Des sources exclusives et plusieurs rapports internationaux indiquent l’existence de contacts indirects entre Bamako et les groupes armés. Selon les informations obtenues par African Perceptions, un accord implicite prévoyant la libération de prisonniers a contribué à la réduction du blocus.

Conclusion

La crise du carburant qui a paralysé Bamako pendant des semaines a mis en évidence la fragilité de l’économie malienne et l’incapacité de l’État à protéger ses routes vitales. Elle a également démontré la capacité des groupes armés à utiliser l’asphyxie économique comme levier stratégique pour influencer les décisions du gouvernement.

Quant aux informations concernant la libération de prisonniers en échange d’un allègement du blocus, elles révèlent – si elles sont confirmées – un aspect souvent nié officiellement mais profondément enraciné dans la réalité : l’existence d’un réseau complexe de communications non officielles permettant aux deux camps d’éviter une escalade incontrôlée.

Et alors que la vie reprend lentement à Bamako, il apparaît clairement que la crise dépasse largement la simple question du carburant. Elle reflète un affrontement prolongé sur le pouvoir, la légitimité et le contrôle du territoire.

La question centrale demeure : cette accalmie marque-t-elle le début d’une solution durable, ou n’est-elle qu’une trêve fragile susceptible de s’effondrer au premier choc ?

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