Les autorités nigériennes ont placé en détention trois journalistes, accusés de “complicité dans la diffusion d’un document susceptible de troubler l’ordre public”, dans le cadre d’une affaire liée à la fuite d’une invitation à une conférence de presse.
Les personnes concernées sont Ibro Chaïbou (chaîne Saraounia), Youssouf Sereba (site Échos du Niger) et Oumar Kani (journal Le Hérisson).
Ils ont été transférés à la prison de Kolo, située à environ 50 kilomètres de Niamey, la capitale.
Les services de sécurité avaient arrêté ces journalistes samedi dernier, en même temps que plusieurs autres professionnels des médias, dont Moussa Kaka, directeur de Saraounia TV, relâché après quelques heures d’interrogatoire.
L’affaire est liée à la fuite d’une invitation émise par le “Fonds de solidarité”, une structure affiliée aux autorités militaires, adressée à Saraounia TV et largement relayée sur les réseaux sociaux, où elle a été utilisée par des proches de l’ancien président déchu Mohamed Bazoum pour critiquer le conseil militaire.
Depuis le coup d’État de juillet 2023, les autorités de transition ont renforcé les restrictions à l’égard de la presse : condamnations à la prison, poursuites judiciaires et multiplication des atteintes à la liberté d’expression.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent une détérioration rapide de la situation médiatique, ayant conduit à un recul notable du Niger dans le classement mondial de la liberté de la presse.







