Les autorités burkinabè ont libéré les journalistes Alain Traoré et Adama Bayala, après plus d’un an de détention forcée, une décision saluée par les milieux médiatiques et de défense des droits humains. Cette libération relance toutefois les inquiétudes concernant le sort d’autres journalistes toujours détenus.
Adama Bayala, écrivain et analyste politique de la chaîne privée BF1, avait disparu en juin 2024 alors qu’il se rendait à un rendez-vous à Ouagadougou.
Alain Traoré, rédacteur en chef d’Oméga Média, avait quant à lui été enlevé à son domicile par des hommes armés en juillet 2024. Il animait une émission radiophonique satirique dénonçant la corruption et les abus.
En octobre dernier, les autorités avaient reconnu avoir enrôlé Traoré de force pour combattre les groupes armés, dans le cadre du décret de « mobilisation générale », critiqué par les ONG qui l’accusent de servir à faire taire les voix dissidentes, notamment celles des journalistes indépendants.
Cette affaire ravive aussi les préoccupations autour du journaliste Atiana Serge Oulon, considéré comme le dernier reporter encore enrôlé de force dans l’armée, après son enlèvement en juin 2024 suite à une enquête sur des soupçons de corruption.
Ces pratiques s’inscrivent dans un contexte de critiques accrues contre le Conseil militaire au pouvoir, accusé d’utiliser les lois d’exception pour intimider ses opposants, alors que la liberté de la presse se dégrade et que les attaques armées s’intensifient dans le pays.







