Un rapport publié mercredi par le centre d’investigation The Sentry, intitulé « L’effondrement des mercenaires… L’échec du groupe Wagner au Mali », met en lumière les conséquences négatives de la présence des paramilitaires russes dans le pays. Selon cette enquête, les opérations de Wagner ont suscité un profond mécontentement au sein de l’armée et du gouvernement maliens, tout en provoquant de graves vulnérabilités sécuritaires.
Les auteurs du rapport affirment que les combattants de Wagner opéraient en dehors de la chaîne de commandement de l’armée malienne, utilisant des équipements locaux et menant des missions sans autorisation ni coordination préalable. Ces pratiques auraient conduit à des pertes significatives en matériel, véhicules et personnel, laissant souvent les soldats maliens sans appui lors d’attaques rebelles.
L’étude, fondée sur des entretiens avec des responsables de l’armée, des services de renseignement ainsi que des ministères maliens des Finances et des Mines, souligne également le ressentiment des militaires face au traitement préférentiel réservé aux mercenaires russes, notamment leur évacuation médicale rapide, alors que les soldats maliens étaient soumis à des restrictions faute de carburant.
Le rapport indique en outre que les récentes arrestations liées à une présumée tentative de coup d’État seraient survenues après une réunion d’officiers supérieurs pour évoquer leurs griefs, dont la présence persistante de Russes à des postes de commandement dans certaines bases.
Le groupe Wagner avait commencé à opérer au Mali après le départ des forces françaises et onusiennes en 2021. Bien qu’il ait officiellement annoncé son retrait en juin dernier, des éléments du « Corps africain » du Kremlin, majoritairement composés d’anciens de Wagner, demeurent actifs dans le pays.
Par ailleurs, plusieurs organisations internationales de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, accusent Wagner de violations graves contre les civils au Mali, allant d’exécutions sommaires à des actes de torture et de pillage des ressources.







