Le Togo organise des élections locales décisives dans un climat politique tendu, après des mois de manifestations violentes déclenchées par une réforme constitutionnelle controversée.
Ces élections se déroulent sous une sécurité renforcée, alors que la population exige de plus en plus la fin du régime de la famille Gnassingbé, au pouvoir depuis 56 ans.
Adoptée par le Parlement en avril dernier, la réforme a transformé le système politique de présidentiel en parlementaire, permettant au président Faure Gnassingbé de devenir Premier ministre avec des pouvoirs étendus, tandis que la fonction présidentielle devient honorifique.
Cette décision a provoqué une vague de colère populaire, entraînant des manifestations réprimées dans le sang. Au moins sept personnes ont été tuées, selon des organisations de défense des droits humains.
Le processus électoral fait face à de nombreux défis : des partis d’opposition ont appelé au boycott, les frontières terrestres ont été fermées, et la capitale Lomé est placée sous haute surveillance sécuritaire.
Ces élections sont perçues comme un test majeur de la légitimité du pouvoir depuis la dernière crise constitutionnelle.
La famille Gnassingbé dirige le pays depuis 1967, lorsque le père de l’actuel président a pris le pouvoir par un coup d’État, établissant l’une des plus anciennes dynasties politiques du continent.
Le gouvernement est accusé de plus en plus de réprimer l’opposition et de restreindre les libertés, dans un contexte de mobilisation croissante de la jeunesse togolaise.







