La France a officiellement mis fin jeudi à sa présence militaire permanente au Sénégal, lors d’une cérémonie à Dakar marquant la remise de sa dernière base, y compris le camp de Djilakh, aux autorités sénégalaises.
Ce retrait constitue l’aboutissement d’un processus amorcé en mars dernier, dans le cadre d’une série de désengagements militaires français en Afrique de l’Ouest et centrale depuis 2022, notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad et au Gabon.
La cérémonie s’est tenue en présence du chef d’état-major sénégalais, le général Mbaye Cissé, et du général français Pascal Yanni. Tous deux ont salué la coopération militaire historique entre les deux pays.
Le général Cissé a souligné que ce retrait s’était opéré dans un esprit de dialogue, annonçant l’ouverture d’« un nouveau partenariat sécuritaire » entre les deux armées.
De son côté, le général Yanni a qualifié cette étape de « transformation structurelle » dans la stratégie française en Afrique, en insistant sur l’importance de partenariats plus souples, sans présence militaire permanente.
Les troupes françaises étaient stationnées au Sénégal depuis son indépendance en 1960, dans le cadre d’accords de défense bilatéraux. Depuis 2012, leur mission s’était recentrée sur la formation et l’appui logistique.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye avait auparavant affirmé que la souveraineté nationale « n’était pas compatible avec la présence de bases étrangères », tout en excluant toute rupture avec la France, évoquant plutôt un partenariat renouvelé.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de recul de l’influence militaire française en Afrique, face à des appels croissants au départ des troupes étrangères et à la montée en puissance d’acteurs comme la Russie et la Chine.
À noter que certaines bases françaises, comme celle du Gabon, ont été reconverties en centres de formation conjoints.







