Dans un revers diplomatique pour l’Érythrée et un signal positif pour les capitales occidentales, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a rejeté vendredi une proposition érythréenne visant à mettre fin au mandat d’un expert onusien chargé d’enquêter sur les violations des droits humains dans le pays.
Cette tentative, jugée rare de la part d’un État faisant l’objet d’un tel mandat, a surpris plusieurs observateurs. Mais elle a été clairement rejetée : seuls 4 membres ont voté pour, contre 25 voix opposées et 18 abstentions.
En parallèle, une résolution proposée par l’Union européenne pour prolonger d’un an le mandat du rapporteur spécial a été adoptée sans difficulté.
Dans son dernier rapport, l’expert onusien Mohamed Abdelsalam Babiker, juriste soudanais, a qualifié la situation en Érythrée de « critique », évoquant des cas de détention arbitraire et un recours intensif au service militaire, poussant de nombreux Érythréens à fuir le pays.
Le représentant érythréen, Habtom Zerai Ghebreyesus, a de son côté accusé l’Union européenne d’agir avec une « mentalité de sauveur colonial », estimant que le renouvellement du mandat constitue une « insulte à la raison et à la justice ».
Des pays également sous enquête onusienne tels que l’Iran, le Soudan, la Russie et la Chine ont soutenu la proposition érythréenne. Pékin a justifié sa position en affirmant que de tels mandats étaient une « perte de ressources ».







