Les autorités sénégalaises ont arrêté le commentateur télévisé Badara Gadiaga, à la suite de sa participation à un débat diffusé sur une chaîne locale, au cours duquel il a évoqué une affaire de « corruption morale » impliquant le Premier ministre Ousmane Sonko, également chef du parti Pastef. Gadiaga a notamment fait référence à l’accusation controversée d’agression sexuelle portée contre Sonko par Adji Sarr, ancienne employée d’un salon de massage, à l’époque où il dirigeait l’opposition.
Les autorités ont qualifié ses propos de « violation des bonnes mœurs », surtout après la large diffusion de l’extrait sur les réseaux sociaux, ce qui a poussé l’unité de cybercriminalité à ouvrir une enquête urgente.
L’avocat de Gadiaga a dénoncé des accusations « exagérées » et contraires à la liberté d’expression garantie par la Constitution. Des figures de l’opposition et plusieurs organisations de défense des droits humains ont accusé les autorités de vouloir « museler le débat public » pour détourner l’attention des crises économiques et sociales, telles que la flambée des prix.
Badara Gadiaga doit comparaître devant la justice au début de la semaine prochaine, dans une affaire perçue comme un test pour l’engagement du Sénégal envers la liberté d’expression, dans un climat où celle-ci est de plus en plus confrontée à des restrictions d’ordre moral et juridique.







